Le bénéfice d'Euler Hermes touché par la hausse des défaillances d'entreprises

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L'assureur-crédit Euler Hermes, filiale du groupe AGF-Allianz, a enregistré une chute de 76% de son bénéfice net au troisième trimestre, essentiellement du fait de l'augmentation des défaillances d'entreprises, selon un communiqué publié mercredi. Le bénéfice net s'affiche à 30 millions d'euros, contre 128 millions pour la même période de 2007.

Défaillances d'entreprises

Le fort repli des résultats s'explique par l'augmentation des défaillances d'entreprises "causée par la crise économique", une hausse principalement constatée sur les "deux derniers mois en France et en Allemagne", selon l'assureur-crédit. Illustration de cette tendance, le ratio de sinistralité, soit les prestations versées rapportées aux primes collectées, a bondi de plus de 30 points, passant de 40,4% au troisième trimestre 2007 à 70,8%.

Le ratio combiné net, soit le total des prestations versées et des frais de gestion rapporté aux primes collectées, a également connu une importante progression, de 64,7% à 93,0%. Euler "ne s'attend pas à une amélioration significative de son niveau de sinistralité au cours des trois prochains trimestres au moins". Pour le quatrième trimestre 2008, il prévoit "un résultat positif hors événements exceptionnels tels qu'un très grand sinistre ou un effondrement des marchés financiers".

Récession

A l'appui de ces prévisions prudentes, l'assureur évoque la poursuite de la dégradation des indicateurs économiques des pays industrialisés au second semestre 2008, "renforçant les scénarios de récession qui pourraient devenir réalité en 2009 dans de nombreux pays". Le chiffre d'affaires total d'Euler Hermes sur le trimestre ressort à 541 millions d'euros, en hausse de 5% par rapport au troisième trimestre 2007.

S'il a pâti d'une hausse de la sinistralité, l'assureur a, en revanche, pu compter sur la résistance de son portefeuille de placements financiers, qui n'a subi que de faibles dépréciations, de l'ordre de 0,2% du portefeuille. A fin septembre, le portefeuille se montait à 3,357 milliards d'euros, dont seulement 5,8% étaient investis en actions, "conséquence d'une stratégie initiée en 2007". L'essentiel du portefeuille (89%) est composé de liquidités et d'obligations, "sur lesquelles aucune dépréciation significative n'est prévue en 2008".