Déficit record pour le premier budget Obama

— 

Après son discours sur l'Etat de l'Union, Barack Obama a marqué sa différence dans les chiffres à l'occasion de son premier budget. Un budget 2009 d'abord marqué par un déficit record de 1.750 milliards de dollars. Soit près de la moitié des dépenses prévues en 2010 (3.552 milliards). Un budget, aussi, en rupture avec ceux de la présidence de George W. Bush.

Le président prévoit ainsi la création d'un marché de quotas d'émissions de gaz à effet de serre, et jette les bases d'une vaste réforme de la couverture santé et augmente les impôts sur les hauts revenus. Nouveauté aussi, Ce budget, qui sera détaillé en avril, intègre le coût des guerres en Irak et en Afghanistan. Ils faisaient auparavant l'objet de lois de finances séparées.

Ce budget va à présent au-devant d'un examen par le Congrès qui s'annonce rude. Mais Obama se montre confiant. Ce budget "rend compte de manière honnête de notre situation présente et de celle que nous avons l'intention de créer", a déclaré Obama, évoquant aussi bien la pire crise que les Etats-Unis aient traversée depuis les années 1930 que sa grande promesse de changement.

"Je ne crois pas que nous puissions continuer sur la voie où nous sommes. Je travaille pour le peuple américain. Et je suis résolu à apporter le changement pour lequel les gens ont voté en novembre dernier", a-t-il poursuivi en énonçant les priorités de son budget: couverture santé, énergie, éducation.

La crise se reflète dans un déficit de 1.752 milliards de dollars pour l'exercice 2009 qui sera clos fin septembre, soit 12,3% du produit intérieur brut, un record depuis la seconde guerre mondiale. Le déficit prévu pour l'exercice 2010, qui commence le 1er octobre, est à peine plus faible (1.171 milliards). Mais Obama veut réduire le déficit de moitié d'ici 2013, à 533 milliards. Et le président a rappelé qu'il héritait d'une ardoise de plus de 1.000 milliards.

Malgré ce déficit abyssal, Obama l'a affirmé, "c'est seulement en rétablissant la discipline budgétaire à long terme que nous pourrons produire une croissance soutenue et une prospérité partagée et c'est précisément le propos du budget que je soumets aujourd'hui au Congrès".

Pour ce faire, le président a expliqué qu'il comptait passer en revue chaque de ligne de dépense, en éliminant le gaspillage et les programmes inefficaces, en augmentant les impôts sur les hauts revenus et en créant un marché de quotas d'émissions de gaz à effet de serre. L'administration taille aussi dans les subventions à l'agriculture.

S'il a hérité de la crise, ce budget donne l'occasion à Barack Obama de fixer le cap de sa présidence. D'une part, les impôts vont augmenter pour les couples gagnant plus de 250.000 dollars par an et les plafonds d'imposition vont être relevés.

D'autre part, 95% des ménages de la classe moyenne vont bénéficier d'abattements fiscaux, a souligné le président. Enfin, le budget engage le difficile projet de donner une couverture santé aux 46 millions d'Américains qui en sont dépourvus. Un fonds de 634 milliards sur dix ans a été créé dans ce but.