AIE: un échec à Copenhague coûterait 500 milliards de dollars

E24 avec AFP

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Un échec de la Conférence sur le réchauffement climatique de Copenhague, qui s'est ouverte lundi 7 décembre, coûterait 500 milliards de dollars par an à l'économie mondiale, a affirmé mardi le directeur général de l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

"S'il n'y pas de mesures prises immédiatement pour réduire les émissions de CO2, il faudra 500 milliards de dollars d'investissements additionnels pour rattraper le retard pris et revenir dans la trajectoire" permettant de limiter la hausse de la température mondiale à 2 degrés, a déclaré Nobuo Tanaka, au cours d'une conférence de presse.

M. Tanaka a précisé que l'AIE ne s'attendait pas à ce qu'un traité international contraignant soit signé à Copenhague. "C'est impossible", a-t-il jugé. L'annonce d'un "très fort engagement" de la communauté internationale en faveur de la réduction des émissions de CO2 pourrait toutefois avoir lieu, a-t-il précisé.

"Message fort"

"C'est ce que nous attendons. Un message très fort doit être envoyé aux investisseurs sur l'environnement que Copenhague est en train de créer. Sans un message clair, il est très difficile pour le secteur privé de s'engager dans des investissements", a estimé le directeur général de l'AIE, qui représente les intérêts des pays consommateurs.

L'AIE a élaboré un scénario dans lequel la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère serait limitée à 450 ppm (parties par million), ce qui permettrait, selon les scientifiques, de limiter la hausse de la température mondiale à 2 degrés.

Contre un cartel du gaz

Interrogé par ailleurs sur la création éventuelle d'une "Opep du gaz", M. Tanaka a affirmé que l'AIE était opposée à la création de cartels dans le domaine de la production d'énergie. "Si une Opep du gaz contrôlait les investissements et la production, cela créerait des problèmes pour le fonctionnement futur du marché", a-t-il estimé.

Il a cependant ajouté qu'une Opep du gaz pourrait aussi avoir pour effet positif de contribuer à produire plus de données sur le marché du gaz, ce qui améliorerait la transparence du marché. "Le terme d'Opep du gaz est trompeur", a pour sa part souligné Didier Houssin, directeur des marchés énergétiques de l'AIE.

"Cela implique qu'ils (les pays membres, ndlr) vont limiter la production à un moment ou un autre. Or cela n'est probablement pas possible étant donné les différences entre le marché du gaz et celui du pétrole", a-t-il expliqué. Onze grands pays producteurs de gaz se réunissent mercredi à Doha, au Qatar, pour tenter d'enrayer la chute des prix du gaz naturel sur les marchés énergétiques.