Malevitch, Degas et Munch battent des records

E24 avec AFP

— 

Malevitch valeur refuge. "Composition suprématiste", une œuvre de l'artiste russe a été adjugée lundi 60 millions de dollars à New York. Un record pour l'art russe en général et ce peintre d'avant-garde en particulier. Organisée chez le marchand d'art Sotheby's, la soirée était placée sous haute surveillance après deux mois de tourmente financière mondiale et des résultats décevants à Londres.

Impressionisme

La salle des ventes était comble pour ce coup d'envoi des grandes ventes d'art impressionniste et contemporain. "Tout le monde voulait voir ce qui allait se passer. Mais nous avons battu des records, et nous avons vendu 64% des lots, les invendus étaient pour la plupart non garantis", a précisé à l'AFP David Norman, vice-président de Sotheby's. "J'ai vu la vraie crise au début des années 1990, lorsque les recettes étaient inférieures à 30 millions de dollars", indique-t-il. Les invendus non garantis ne sont pas obligatoirement rachetés par le marchand d'art à un prix fixé d'avance avec le vendeur.

Lundi soir, Sotheby's a annoncé avoir réalisé un peu plus de 223,8 millions de dollars. Outre la "Composition suprématiste" de Malevitch, qui a battu tous les records pour une oeuvre d'art russe avec 60.002.500 dollars commission du vendeur incluse, selon les chiffres du communiqué, une toile d'Edvard Munch, "Vampire", a été adjugée plus de 38 millions de dollars, au-dessus de l'estimation qui était de 30 millions. Et une "Danseuse au repos" de l'impressionniste français Edgar Degas s'est vendue pour 37 millions de dollars alors qu'elle était évaluée à 30.

Record absolu

Les Russes exultaient. "Toutes les oeuvres russes se sont très bien vendues, sans parler du record absolu du Malevitch", a souligné à l'AFP Mikhail Kamenski, directeur général de Sotheby's pour la Russie et certains pays de l'ex-URSS.

Commentant les prix record atteints par trois toiles de Boris Grigoriev, adjugées pour 3,6 millions, 3,17 millions et 1,1 million, l'expert a estimé, sans révéler les identités des acheteurs, que "quelques collectionneurs russes ont sans doute surmonté la peur qui règne sur le marché et ont décidé de dépenser un peu de leurs sous, mais il leur en reste suffisamment!"

Raisons privées

L'euphorie n'était certainement pas au rendez-vous, et beaucoup d'oeuvres signées Picasso, Degas, Van Gogh ou Modigliani n'ont pas trouvé preneur. "Nous vendons dans un monde incertain, et vu les circonstances nous sommes satisfaits. Nous allons nous adapter à la demande, réajuster l'offre, sans doute proposer moins d'oeuvres de qualité moyenne, quel qu'en soit l'auteur", souligne David Norman.

"Le monde a toujours besoin d'art. Et le haut du panier reste toujours très demandé. L'Arlequin de Picasso qui a été retiré au dernier moment se serait très bien vendu ce soir", conclut-il, commentant le retrait in extremis pour des raisons "privées". La toile de Picasso qui était estimé à 30 millions de dollars, constituait l'une des principales pièces de la vente de lundi.