La conjoncture dissuade les entrées sur le marché du travail

J. Bx avec AFP

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Plusieurs milliers de personnes se seraient retirées du marché du travail l'été 2008 à cause de la crise, un phénomène qui devrait s'accentuer cette année, selon une étude conjointe de l'Insee et du ministère de l'Emploi (Dares).

La population active est évaluée chaque trimestre par l'Enquête Emploi de l'Insee. Son évolution dépend de facteurs démographiques (nombre de personnes en âge de travailler, comportement d'activité selon l'âge), mais aussi de la politique gouvernementale selon qu'elle développe ou non les formations en réponse au chômage.

La population active varie aussi avec la conjoncture : certains inactifs rejoignent le marché du travail quand il s'améliore (effets d'appel) ou le quittent quand il se dégrade (effets de découragement). Leur nombre est évalué non pas de manière empirique ou directe, mais par le biais de modèles.

Selon l'étude, "les fortes créations d'emploi enregistrées en 2006 et 2007 ainsi que la baisse marquée du chômage auraient incité un grand nombre d'inactifs à se porter sur le marché du travail". L'étude évalue ce nombre à +30.000 en 2006 et +44.000 en 2007.

En 2008, au contraire, environ 3.000 personnes auraient quitté le marché du travail, comme en 2005: "le retournement conjoncturel en 2008 et la hausse du chômage se seraient traduits par des effets de flexion négatifs à partir du troisième trimestre 2008 pour la première fois depuis 2005", selon l'étude. Pour 2009, l'Insee prévoit que "la dégradation de la conjoncture découragerait environ 20.000 personnes d'entrer sur le marché du travail", dans sa dernière note de conjoncture.

Jeunes, personnes au foyer, seniors...

Il peut s'agir de jeunes prolongeant leurs études, de femmes ou d'hommes restant au foyer pour s'occuper d'enfants ou d'un parent âgé, ou de seniors faisant valoir leurs droits à la retraite, plus vite qu'ils ne l'auraient fait si la conjoncture était meilleure.

En France, la population des 15-64 ans continue d'augmenter chaque année, mais à un rythme ralenti depuis 2006, "freiné par le vieillissement démographique" (+ 134.000 personnes en âge de travailler en 2008, contre + 270.000 en moyenne entre 2003 et 2007).

Parmi ces personnes en âge de travailler, sont comptées comme actifs celles qui travaillent ou recherchent un emploi (+ 76.000 en 2008, après + 93.000 en 2007, + 145.000 en 2006, + 226.000 en 2005). Plus il y a d'actifs, plus il faut d'emplois pour que le chômage diminue.