Alain Juppé est favorable à la taxe carbone, mais rejette tout impôt supplémentaire

J. Bx avec AFP

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L'ancien Premier ministre Alain Juppé se déclare favorable à la taxe carbone, tout en rejetant toute idée d'impôt supplémentaire dans un entretien au Figaro publié mercredi 2 septembre.

"On nous dit que ce ne sera pas un impôt de plus, on aimerait en avoir la démonstration concrète", explique Alain Juppé qui souhaite que "l'on développe des solutions alternatives en termes de transports collectifs et de véhicule propre". D'ailleurs, "je regrette qu'un effort massif n'ait pas été fait pour développer la voiture électrique", poursuit-il dans cette interview.

"La compensation ne doit pas être totale"

"Il ne faut pas que ce soit un impôt de plus" insiste Alain Juppé, "mais si l'on veut garder un effet d'incitation, la compensation ne doit pas être totale". M. Juppé dit "oui sur le principe" d'une taxe carbone". Car, selon lui, "il faut évidemment aller dans cette direction". "On ne peut pas en permamence expliquer aux Français qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique, réduire les émissions de CO2 et ne pas s'en donner les moyens", explique l'ancien Premier ministre.

"Il y a là une urgence absolue et un souci de cohérence. Mais il y a le principe et les modalités. Et comme souvent, le diable est dans les détails", estime-t-il.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a ainsi assuré mercredi 2 septembre que la taxe carbone ne serait "pas un impôt de plus", demandant que "tous les responsables publics ne s'excitent pas trop" sur ce sujet.

"La taxe carbone ne sera pas un impôt de plus. Je ne joue pas sur les mots, on est plutôt dans une transformation de la fiscalité et certainement pas dans une augmentation de la fiscalité", a déclaré M. Bertrand sur RMC. "Ce que je voudrais c'est que tous les responsables publics ne s'excitent pas trop pour l'instant, qu'on fasse plutôt de la pédagogie", a-t-il ajouté alors qu'au sein même de la majorité certains s'interrogent sur les modalités d'application de cette taxe.

Faire du sur-mesure

Ces déclarations interviennent alors que le chef de file des députés UMP Jean-François Copé avait prévenu mardi 1er septembre qu'elle serait âprement discutée au Parlement et que les députés UMP ne se contenteraient pas de voter en "fermant les yeux".

Selon Xavier Bertrand, la taxe carbone devra être "compensée en faisant un peu du sur-mesure". Le numéro un de l'UMP a avancé trois possibilités : le chèque vert, une compensation sur la feuille d'impôt, une compensation par l'allègement des charges salariales. De son côté, la présidente du Medef, Laurence Parisot, a réclamé un "chèque vert" pour les entreprises qui s'acquitteront de la future "taxe carbone", ou Contribution climat énergie (CCE), dans un entretien au quotidien Le Monde daté de jeudi 3 septembre.

"Si l'émission de CO2 a un coût social, si elle représente une nuisance pour l'être humain, il est normal qu'elle soit taxée", estime Mme Parisot dans cet entretien, dont des extraits ont été publiés sur le site internet du journal mercredi matin, à quelques heures de l'ouverture de l'université d'été du Medef. Pour autant, ajoute-t-elle, la CCE doit être créée "à fiscalité constante pour les entreprises". Elle demande donc que les entreprises qui paieront cette taxe reçoivent en contrepartie un "chèque vert".

Le gouvernement semble s'orienter vers une redistribution de la CCE, qui doit être appliquée dès 2010, uniquement aux ménages, mais les derniers arbitrages doivent être rendus d'ici la présentation de la loi de finances, fin septembre. De leur côté, les entreprises bénéficieront l'an prochain de la suppression partielle de la taxe professionnelle.