Google, un monopole dangereux selon l'administration américaine

Guillaume Guichard avec agences

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En matière de concurrence, Google aujourd'hui ne vaut pas mieux que Microsoft dans les années 90. C'est du moins l'avis de Christine A. Varney, la future responsable de la concurrence au département de la Justice américain.

Après avoir été poursuivi pour abus de position dominante dans le domaine des logiciels dans les années 90, "Microsoft ne représente plus un réel problème" aujourd'hui, a déclaré la responsable démocrate en 2008, selon l'agence Bloomberg. "En revanche, l'économie américaine sera désormais continuellement confronté à un monopole dans le domaine de la publicité en ligne". Un monopole obtenu "légalement" par Google, a-t-elle précisé, alors qu'elle s'exprimait à un colloque de l'American Antitrust Institute.

Le géant de la recherche internet représentait plus de 70% du marché de la publicité contextuelle en ligne aux Etats-Unis en 2007, selon le département à la Justice américain. Une position acquise, notamment, grâce aux liens publicitaires affichés par le moteur de recherche. Peu d'annonceurs peuvent se passer du service proposé par Google, du fait de la popularité de son moteur de recherche.

Malgré cette position déjà stratégique, Google a poussé son avantage en acquérant la régie publicitaire en ligne DoubleClick. Un rachat autorisé par l'administration américaine, mais qui a "profondément inquiété" Christine A. Varney.

Cette position dominante dans la publicité en ligne n'est pas le seul élément de la stratégie de Google qui inquiète la démocrate. Selon elle, alors que de plus en plus de nos activités se déroulent sur internet, la firme de Moutain View a pris là encore une avance considérable sur ses concurrents en proposant aux internautes des solutions intégrées en ligne, de la boîte e-mail au logiciel de traitement de texte en ligne. Du coup, "des sociétés vont commencer à accuser Google de discrimination parce qu'il ne les autorise pas à créer des produits compatibles avec ses applications", a-t-elle expliqué.

Ces déclarations de la responsable démocrate cassent l'image d'un Obama très "Google friendly" (amical avec Google). Plusieurs conseillers du président en matière de technologies sont des anciens du géant de la recherche. Eric Schmidt, le président de Google, conseillait lui-même le candidat Obama durant la campagne présidentielle.