Time Warner/AOL: divorce effectif le 9 décembre

CV avec AFP

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Le groupe américain de médias Time Warner a annoncé lundi 16 novembre que la

scission de sa filiale Internet AOL
serait effective le 9 décembre, au terme d'une opération de partage entre ses actionnaires, et que dès le 10 décembre les actions AOL seraient cotées normalement à New York.

"A la date du 9 décembre, les actionnaires de Time Warner enregistrés le 27 novembre recevront une action ordinaire d'AOL pour chaque lot de 11 actions de Time Warner qu'ils détiennent", a annoncé le groupe dans un communiqué.

Les actions d'AOL restant au terme de l'opération seront vendues sur le marché boursier, le produit de la vente devant revenir en numéraire aux actionnaires de Time Warner qui sinon auraient reçu une fraction seulement d'action AOL, a encore expliqué le groupe, qui ne tirera lui-même aucun bénéfice particulier de l'opération.

Time Warner avait annoncé le 28 mai la mise en Bourse de sa filiale internet AOL avant la fin de l'année, espérant ainsi mettre un point final à l'un des rapprochements les plus désastreux de l'histoire de l'économie moderne.

Time Warner avait racheté l'ancienne America On Line en 2001, au plus fort de la "bulle internet". L'opération valorisait AOL 165 milliards de dollars et avait accordé aux actionnaires de la jeune pousse internet 55% du capital de la société fusionnée.

Mais elle s'est avérée catastrophique pour le groupe, qui a dû déprécier massivement dans ses comptes la valeur d'AOL dès 2002 et l'éclatement de la bulle: le groupe avait alors enregistré une perte nette de 99 milliards de dollars, et les pertes des activités internet continuent encore aujourd'hui de plomber les comptes de l'ensemble.

Les résultats du groupe Time Warner, déjà affectés par les activités de presse, souffrent du manque de performance d'AOL.

Au 31 mars la valeur comptable d'AOL était fixée à 3,58 milliards de dollars.

Au troisième trimestre, AOL avait enregistré une chute de 23% de ses recettes, à 777 millions de dollars, sous le coup de la baisse des abonnements (-29%), qui s'inscrit dans la logique de la nouvelle stratégie de l'entreprise, aggravée par un recul de la publicité (-18%).