NEC Electronics et Renesas vont créer le n°3 mondial

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Mariage dans l'électronique japonaise. NEC Electronics et Renesas veulent créer le numéro trois mondial de l'industrie des puces, dans un marché des composants électroniques attendu en forte baisse cette année.

L'entité fusionnée devrait réaliser un chiffre d'affaires de 12,9 milliards de dollars, selon Gartner Dataquest, avec une position de numéro un mondial des microcontrôleurs, et des positions de premier plan dans les systèmes sur puce (plusieurs fonctions regroupées sur un même composant) et dans les composants discrets. Dans les microcontrôleurs, un marché de 13,6 milliards de dollars, le nouvel ensemble détiendrait une part de marché de plus de 30%, soit trois fois plus que son rival Freescale Semiconductor avec 11,2%, selon Morgan Stanley.

La fusion doit être finalisée d'ici avril 2010, ont indiqué les deux groupes dans un communiqué de presse . Elle intervient dans un environnement de marché compliqué par la récession de l'économie mondiale. Les ventes mondiales de semi-conducteurs devraient chuter de 24% cette année, selon le cabinet d'études Gartner Dataquest. L'an dernier, le marché mondial des semi-conducteurs s'est contracté de 5,4% à 255 milliards de dollars. Intel détenait une part de marché de 13,3% devant Samsung (6,8%), Toshiba (4,2%) et Texas Instruments (4,2%).

A cela s'ajoutent des performances plutôt moribondes pour les deux fabricants de semi-conducteurs. NEC Electronics, séparé en 2002 du géant de l'électronique NEC, a perdu 129,5 milliards de yens au terme de l'exercice 2007-2008 et prévoit une perte de 65 milliards de yens pour l'exercice clos fin mars 2009. De son côté, Renesas, JV détenue à 55% par Hitachi et 45% par Mitsubishi Electric, n'a gagné que 9,5 milliards de yens et table sur une perte de 206 milliards de yens en 2008-2009, en raison d'importantes charges de restructuration. Ensemble, les deux entités emploient 47.500 salariés. Les deux groupes n'ont pas donné d'information sur les synergies attendues du rapprochement et de l'impact de la fusion sur le chiffre d'affaires combiné.

Pour certains courtiers, cette fusion pourrait néanmoins déclencher d'autres opérations de rapprochement au Japon. Selon Hideyuki Maekawa, analyste de Credit Suisse cité par l'agence Bloomberg, Toshiba pourrait chercher à former une alliance avec Fujitsu, et tenter de préserver ses positions dans l'industrie électronique mondiale.