L'euphorie Obama ne touche plus le CAC

Jocelyn Jovène

— 

Les marchés US étaient attendus en hausse après la victoire de Barack Obama à l'élection présidentielle américaine et les places asiatiques ont profité de l'arrivée du premier président afro-américain à la Maison Blanche.

En Europe, après avoir monté mardi, le marché replonge ce mercredi 5 novembre. L'indice DJ STOXX 600 des 600 premières capitalisations boursières en Europe recule ainsi de 2,8% à 226,93 points à la mi-journée. La raison tient à la fois aux prises de bénéfices et à un dur retour à la réalité.

Les investisseurs vont pouvoir chercher les éventuels titres qui vont profiter de la victoire démocrate. Mais c'est pour le moyen-long terme. A plus court terme, le tableau ne change pas: les Etats-Unis sont entrés en récession, de même que l'Europe. Et la grande question se pose de savoir comment les pays émergents, pourtant considérés comme un refuge par le marché il y a encore quelques mois, vont réagir.

Le géant de l'acier ArcelorMittal constitue un bon baromètre de l'économie mondiale. Et son avertissement sur résultat pour la fin de l'année, assorti de mesures supplémentaires de réductions de coûts et de réduction de sa production d'acier au quatrième trimestre 2008 illustre bien la prudence qui doit rester de mise en Bourse.

"La nette victoire de Barack Obama est plutôt bonne pour le sentiment de marché" mais "ne change pas grand-chose aux fondamentaux", notent les courtiers de Natixis. Ces derniers ne changent d'ailleurs pas leur allocation stratégique: sous-pondérer les valeurs de consommation des pays de l'OCDE, des services collectifs; surpondérer les valeurs de santé et les matières premières; rester neutre sur les valeurs financières et de télécommunication.

Même les stratégistes de Morgan Stanley, qui sont repassés mardi 4 novembre à l'achat sur les actions, ont souligné que pour les investisseurs prudents, il est temps de ne plus vendre à découvert les actions et de commencer à s'intéresser progressivement à cette classe d'actifs.

Le sentiment du marché risque de continuer à balancer au fil des semaines entre l'intérêt de reprendre du risque sur les marchés actions et la nécessité de s'en écarter. Un rythme qui sera au moins à court terme battu par les publications de statistiques économiques d'un peu partout sur la planète.