Areva T&D: les syndicats sont "sous le choc"

E.M. avec AFP

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Les trois principaux syndicats du groupe public Areva, leader mondial du nucléaire, ont émis de violentes protestations mardi à l'annonce de la cession de la branche Transmission et distribution aux industriels Alstom et Schneider.

"On est sous le choc, on trouve scandaleux que le moins-disant des repreneurs ait été reconnu. On est contre la vente et on s'interroge sur les conditions sociales", a déclaré à l'AFP Maureen Kearney (CFDT), secrétaire du comité de groupe européen.

L'Etat français va céder la division Transmission et Distribution (T&D) d'Areva à deux industriels français, Alstom pour l'activité Transmission, soit deux tiers de (T&D), et Schneider Electric pour la Distribution. T&D a embauché 10.000 personnes en 4 ans et emploie 31.000 des 75.000 salariés d'Areva.

Choix "catastrophique"

"Surprenant, ce choix n'a aucune rationalité, c'est le plus mauvais sur le plan social, ce n'est pas le meilleur sur le plan financier, et il est catastrophique sur le plan industriel", a réagi Alain Roumier (CGT). "Le processus a été escamoté, nous serons très attentifs aux recours qui seront lancés par les candidats évincés, et nous saisirons la commission des titres et participations", a-t-il ajouté.

Le coordinateur CFE-CGC Guy Bruno s'est dit "très déçu. Nous souhaitons que cela ne se fasse pas et si cela se fait, nous demanderons que les syndicats aient connaissance d'un document avec des garanties réelles et non pas un simple communiqué de presse".

Les deux acquéreurs se sont à nouveau engagés proposer à tous les salariés européens un emploi équivalent dans le même bassin d'emploi et ont promis qu'"il ne sera procédé à aucune fermeture de sites" en Europe et jusqu'à début 2013. Le comité exécutif d'Areva T&D s'était opposé mercredi au rachat par Alstom-Schneider, qui "empêcherait de bénéficier pleinement des opportunités du marché en 2010-2011 et laisserait la place" aux concurrents ABB et Siemens, dans une tribune du quotidiens Les Echos.