Areva met la pression sur les repreneurs de T&D

Jocelyn Jovène

— 

Anne Lauvergeon était d'attaque pour répondre aux questions de la représentation nationale, ce jeudi sur la stratégie d'Areva, son financement et ses difficultés en Finlande.

La dirigeante a affirmé son intention de ne pas vendre sa division Transmission et Distribution (T&D) à n'importe quelles conditions. "Il est clair que si les offres ne sont pas assez attractives, (...) nous en viendrions à la conclusion que ce n'est pas le bon moment", a déclaré la patrone d'Areva.

"Nous ne vendrons pas [T&D] à l'aveuglette (…) Nous recherchons le mieux disant sur le plan financier et sur le plan social et industriel", a-t-elle ajouté. Les offres non contraignantes des repreneurs intéressés devraient être remises au groupe au plus tard vendredi 18 septembre.

Areva a annoncé au début de l'été son intention de vendre T&D, valorisé jusqu'à 5 milliards d'euros par les analystes, pour financer un ambitieux plan de développement, de 10 à 12 milliards d'euros, dans le nucléaire et dans les énergies renouvelables. Areva devra également financer le rachat de 34% détenus par l'allemand Siemens dans sa filie Areva NP, sa branche chargé de la fabrication et de l'entretien du coeur des centrales nucléaires. Cette participation vaut environ 2 milliards d'euros.

Les difficultés et les nombreux retards dans la réalisation du premier réacteur de type EPR, en Finlande, ont fortement pesé sur ses résultats -le groupe a ainsi constaté une provision de 550 millions d'euros au cours du seul premier semestre 2009, l'obligeant à engager un plan d'économies de 500 millions d'euros, et à chercher des partenaires capitalistiques. A ce jour, le dérapage de l'EPR a obligé le groupe à provisionner 2,3 milliards d'euros.

Anne Lauvergeon a affirmé que l'impact des retards pour développer l'EPR en Finlande, en partie dues aux exigences du client (TVO) et de l'autorité de sûreté finlandais, avait été "absorbé" par le groupe. Areva a remporté de nombreux contrats pour livrer des réacteurs EPR en France (Flamanville, Penly), en Inde, aux Etats-Unis (le groupe est en négociations exclusives pour un EPR dans l'Ohio avec Duke Energy), dans les Emirats Arabes Unis et en Chine.

La dirigeante a également confirmé que le groupe était en discussion avec plusieurs fonds souverains, ainsi qu'avec d'autres partenaires stratégiques, à l'image du japonais Mitsubishi (avec lequel elle codéveloppe un réacteur de moyenne puissance), désireux d'entrer à son capital. L'ouverture de son capital devrait survenir à la fin de cette année ou au début de l'année prochaine, a indiqué la dirigeante. La non-vente de T&D conduirait le groupe à réaliser une augmentation de capital "légèrement supérieure" au montant envisagé aujourd'hui, a indiqué Anne Lauvergeon.

Areva a également prévu une augmentation de capital réservée à ses salariés, qui devrait représenter environ 3% de son capital.