Grippe A: les assurés vont devoir payer

Elsa Meyer

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Le ministère de la Santé le répète depuis plusieurs mois: la vaccination contre la grippe H1N1 (grippe A) sera volontaire et gratuite.

L’Union Nationale des Organismes d’Assurance Maladie Complémentaire (UNOCAM) a pourtant indiqué aujourd'hui dans un communiqué que les organismes de complémentaire santé (mutuelles, assurances, institutions de prévoyance) allaient "participer à l’achat des millions de doses de vaccins (...) pour un montant estimé à 280 millions d’euros". Soit 35% du coût total de la vaccination de la population couverte par une assurance maladie complémentaire.

Et qui dit augmentation des prestations, dit forcément hausse des cotisations.

Une contribution logique

Pour l'UNOCAM, cette contribution est logique vu le "caractère exceptionnel de la situation de pandémie grippale".

Pour une vaccination classique de grippe saisonnière, les complémentaires santé participent en effet directement au remboursement de la partie du vaccin qui n'est pas prise en compte par la sécurité sociale. Dans le cas de la grippe H1N1, cela leur sera impossible puisque le vaccin sera gratuit et seuls les centres habilités pourront l'utiliser.

L'Etat a donc sollicité les complémentaires santé depuis plusieurs semaines pour qu'elles participent financièrement à la vaccination de la grippe A, comme elles le font déjà lors des campagnes classiques pour la grippe saisonnière.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a indiqué avoir commandé l'ensemble des vaccins et des masques pour un coût total d'environ 1,1 milliard d'euros. Les modalités de la contribution des organismes de complémentaire santé seront précisées dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2010 (PLFSS), présenté cet après-midi.

Augmentation des cotisations

Mais cette vaccination sera en fait loin d'être gratuite. Elle va creuser un peu plus le déficit de l'Assurance maladie, déjà estimé à 23,5 milliards d'euros pour 2009, et donc reporter le coût sur les générations futures. Pour les organismes complémentaires, en revanche, la répercussion financière devrait être immédiate

La participation de 280 millions d'euros se traduira forcément par une hausse des cotisations. La Fédération française des sociétés d'assurance se veut toutefois rassurante. Le montant de l'augmentation, due à cette intervention exceptionnelle, ne devrait valoir que pour l'année 2010 et donc disparaître en 2011.

Au vu de la hausse des autres dépenses de santé prévues par le PLFSS, comme celle du forfait hospitalier ou le déremboursement de médicaments, il est peu probable cependant que les cotisations des complémentaires santé diminuent dans les années qui viennent.