Denis Ranque sur la sellette

Anne-Sophie Galliano

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Mouvements annoncés à la tête de Thales et d'Areva. Denis Ranque, PDG de Thales, pourrait prendre la présidence du conseil de surveillance d'Areva, le groupe énergétique, selon les informations de La Tribune.

Un départ de Denis Ranque à la tête de Thales ne serait pas une surprise. Le rachat par Dassault Aviation de la part d'Alcatel Lucent dans Thales (environ 20%) il y a quelques mois, signait déjà son éviction de la présidence de Thales. En effet, Dassault Aviation peut maintenant imposer le nom du président de cette pépite de l'électronique. Et Denis Ranque ne fait pas figure de favori. Ses compétences ne sont pourtant pas en cause. Depuis son arrivée à la tête du groupe, en 1998, "le carnet de commandes a été multiplié par trois, et l'entreprise est devenue un groupe international centré sur trois métiers, la défense, la sécurité et l'aéronautique", soulignait lui-même Denis Ranque, lors de ses vœux à la presse.

Le nœud du problème est ailleurs, il est politique. Denis Ranque n'est pas un proche de la famille Dassault. D'une voix commune, les deux groupes insistent sur les bonnes relations qu'entretiennent Denis Ranque et Charles Edelstenne, président de Dassault Aviation. Pourtant, Denis Ranque a mis sur la touche François Quentin, qui dirigeait la division aéronautique. "Officiellement, la raison invoquée par Denis Ranque était la mauvaise gestion des programmes dans la division aéronautique que Quentin dirigeait, notamment celle du projet A400M. Officieusement, c'était un proche de Serge Dassault. Il était l'oreille et les yeux de Dassault chez Thales, ce qui n'était pas du goût de Denis Ranque", explique à E24 un acteur du secteur.

Et Denis Ranque manque de chance car l'Etat –aussi propriétaire de Thales- ne s'opposerait pas à son départ. Maintenant que Thales est sur les rails de la croissance, un changement de tête ne bouleverserait pas fondamentalement le groupe. D'autant que l'Etat s'engagerait à recaser Denis Ranque, par exemple chez Areva. Une nomination pour bons et loyaux services, en somme.

Seul hic, Denis Ranque ne veut pas lâcher Thales. Le renouvellement de son mandat doit être proposé à l'assemblée générale du 15 mai. Peu d'observateurs misent sur sa chance de tenir autant de temps. Surtout que celle d'Areva est le 30 avril et que la nomination d'un président du conseil de surveillance est soumise à l'approbation de l'assemblée générale.