Obama réexamine des décisions de Bush

E24 avec AFP

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Ils n'entendent pas perdre de temps. Comme il l'avait affirmé lors de sa campagne, le président désormais élu Barack Obama examine les décisions du président George W. Bush concernant notamment les forages pétroliers et la recherche sur les cellules souches. Selon le chef de son équipe de transition John Podesta, cité pour le poste de secrétaire à l'Energie dans le gouvernement Obama, ce travail servira à savoir ce qui sera conservé et ce qui sera remis en cause après l'investiture d'Obama, le 20 janvier 2009.

Ces décisions sont prises en vertu du pouvoir exécutif du président, qui lui permet de ne pas en référer au Congrès, à majorité démocrate, et sont, pour certaines, en contradiction avec les positions d'Obama. "Je pense que sur la recherche sur les cellules souches, et dans un certain nombre de domaines, on voit que l'administration Bush agit énergiquement, même aujourd'hui, pour faire des choses qui ne sont pas, d'après moi, dans l'intérêt du pays", a déclaré John Podesta, ancien chef de l'état-major de Bill Clinton à la Maison Blanche, sur la chaîne Fox,

Sans préciser quelles décisions seraient remises en cause par le président élu, il a rappelé que comme "candidat, le sénateur Obama avait dit qu'il voulait que les décisions de Bush soient examinées, et qu'il déciderait lesquelles seraient conservées, lesquelles seraient abrogées et lesquelles seraient amendées".

Parmi les décisions de Bush citées par Podesta figurent les avancées de l'administration Bush pour autoriser les forages en Utah (ouest) et pour limiter la recherche sur les cellules souches embryonnaires. "Ils veulent faire des forages pétroliers et gaziers dans des lieux fragiles de l'Utah et ils vont essayer de le faire alors qu'ils sont sur le point de partir. Je pense que c'est une erreur", a estimé Podesta.

Une transition "sans heurts"

Malgré quelques petits accrocs, il semble que tous veuillent une transition "sans heurts" pour permettre la poursuite des efforts contre la crise financière, "priorité numéro un" de la future équipe, a assuré la Maison Blanche.

Les équipes Obama et l'administration du président George W. Bush ont déjà commencé à travailler ensemble. Confrontés à la plus grave crise financière depuis celle de 1929, les Etats-Unis ne peuvent se permettre de revivre les premiers mois de la première présidence Clinton (1993-1997), qui avaient été chaotiques en raison du manque de préparation de la nouvelle équipe dirigeante.

Interrogé à ce sujet sur la chaîne C-Span, le secrétaire général de la Maison Blanche Joshua Bolten a affirmé que des contacts avec l'équipe d'Obama avaient été établis bien avant le résultat de l'élection présidentielle. "Parce que si une crise éclate le 21 janvier", au lendemain de l'investiture de M. Obama, "il y en aura qui devront répondre. Nous devons faire en sorte qu'ils soient aussi bien préparés que possible", a ajouté Bolten.

La transition devrait être au coeur de la rencontre prévue ce lundi après-midi à la Maison Blanche entre Bush et Obama. "Ils se rencontreront en privé dans le bureau Ovale. (...) Je sais que le président (Bush) veut faire part au président élu Barack Obama de ses vues sur certaines questions importantes", a indiqué Bolten.

Ces entretiens auront lieu quelques jours seulement avant le sommet sur la crise économique des dirigeants de 20 pays industrialisés et d'économies émergentes, le 15 novembre à Washington, auquel ne participera pas Obama, son équipe ayant rappelé qu'"il n'y a qu'un seul président à la fois".

Mais il a clairement exprimé sa volonté de s'attaquer de front à la crise financière. Il a ainsi assuré aux Américains que son gouvernement "se mettra(it) au travail dès le 20 janvier" parce qu'il n'y a pas "un instant à perdre".

L'Economie, priorité numéro 1

"La priorité numéro un est l'économie", a renchéri dimanche sur la chaîne ABC Rahm Emanuel, qui succédera à Joshua Bolten à la Maison Blanche.

Interrogé sur la crise de l'industrie automobile américaine, celui-ci a estimé que des mesures étaient possibles avant même qu'Obama n'entre en fonction. "Washington doit penser à accélérer la fourniture des 25 milliards de dollars promis pour rénover l'outil de production vers des véhicules plus économes en carburant", a-t-il déclaré sur CBS.

Dans plusieurs émissions politiques télévisées dimanche, les conseillers d'Obama ont insisté également sur la volonté d'ouverture du nouveau président qui pourrait prendre dans son administration des représentants de différents horizons politiques.