SFR: les marges manquent à l'appel

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Le deuxième opérateur de téléphonie mobile français, contrôlé à 56% par Vivendi, a publié jeudi soir des résultats trimestriels en demi-teinte.

Sur le plan commercial, tout semble aller pour le mieux pour SFR. L'opérateur a gagné 118.000 nouveaux clients nets au cours du trimestre, ce qui correspond à une part de marché de 51% sur la période, affirme Vivendi. Le groupe relève en outre une amélioration de son mix client. Au terme du premier trimestre, il compte 13,76 millions de clients abonnés.

De même, l'acquisition de Neuf Cegetel a boosté les ventes de la filiale à 56% de Vivendi. Son chiffre d'affaires a bondi de 31,5% au cours du trimestre, à 3,03 milliards d'euros.

Mais tous ces bons résultats commerciaux ne se retrouvent pas au niveau du compte de résultat. En un an, la filiale de Vivendi a vu sa marge d'exploitation ajustée passer de 27,1% à 20,1%. Une chute de 700 points de base qui rappelle les deuxième et troisième trimestres de 2008 où la baisse des marges sur un an avait été encore plus importante. Un coup dur pour une division qui a longtemps été la vache à lait du groupe et lui a permis de financer la restructuration de Canal+, d'UMG ou les investissements dans les jeux vidéo.

Les explications des ces mauvais résultats ? "Les effets positifs de la croissance [dans le mobile] sont plus que compensés par les effets de la dynamique commerciale", explique Vivendi dans un communiqué de presse. En clair, le groupe dépense des fortunes pour acquérir de nouveaux clients. A cela s'ajoute l'augmentation des coûts d'interconnexion et de "reversement" liées au développement des offres combinées (voix, données, messagerie).

Voilà pour la partie mobile. Mais ce n'est pas tout. SFR a mis en place une politique commerciale tout aussi agressive pour son activité Internet à haut débit. Résultat: le chiffre d'affaires de l'activité Internet haut débit et fixe a été multiplié par 7,4, mais l'excédent brut d'exploitation de cette activité (seul indicateur de performance communiqué par Vivendi) a reculé de 19 millions d'euros à 133 millions d'euros au cours du trimestre. SFR affiche une marge brute d'exploitation de 14,2% dans l'Internet haut débit et fixe, ce qui reste encore très inférieur aux marges de la téléphonie mobile (37,9% au cours des trois premiers mois de l'année).

Rien n'indique pour l'instant que l'iPhone sera un réel moteur pour la rentabilité de l'opérateur. Certains constatent déjà que l'investissement dans ce téléphone, incontournable sur le plan commercial, peut s'avérer in fine coûteux. SFR va peut-être devoir se préparer à une cure d'austérité, s'il veut retrouver les niveaux de rentabilité plus confortables du passé.