Vodafone lance sa propre plateforme d'application

Guillaume Guichard

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Un nouvel entrant de taille fait son apparition sur le marché des applications pour téléphones mobiles. Après Apple, Nokia et Google, l'opérateur mobile Vodafone a annoncé son arrivée sur un marché en plein boom grâce au succès des smartphones. Il lancera cet été un kit logiciel à destination des développeurs afin que ceux-ci puissent programmer des applications compatibles pour tous les téléphones qu'il distribue.

Pour Vodafone, premier opérateur à se lancer sur ce marché, c'est un moyen de diversifier ses sources de revenus… et de ne pas laisser filer le marché aux fabricants de téléphones (Nokia, Apple) ou aux éditeurs de logiciels (Google, Microsoft). Pour autant, Vodafone appliquera le même modèle qu'Apple, au pourcentage près. Il partagera les revenus avec les développeurs, à qui il reversera 70% des recettes, conservant les 30% restant pour lui.

Côté client, l'opérateur propose un système de paiement qui a le mérite de la simplicité: les applications téléchargées seront facturés en fin de mois, en même temps que le reste des communications.

La concurrence s'annonce rude sur le marché des applications. "Derrière les plateformes ouvertes mises en place par Apple, Google et les autres, il y a une formidable bataille qui se joue, autour de la réorganisation de l'économie numérique", analyse l'Idate dans son rapport annuel. Il s'agit, explique le cabinet d'études, de "capter et distribuer le potentiel d'innovation et de création de valeur de tiers collaboratifs (les développeurs)". En d'autres termes, opérateurs et géants du monde du high-tech veulent se poser comme intermédiaires entre les concepteurs des applications et les utilisateurs. En prélevant un revenu.

Face à Nokia, Google et les autres, comment Vodafone compte-t-il attirer, justement, les développeurs, surtout en ne proposant pas de meilleure alternative qu'Apple? Ces derniers "n'auront à développer qu'une seule version de leur application pour toucher les millions d'utilisateurs de Vodafone", explique l'opérateur. Dans un premier temps, la plateforme ne sera proposée que dans les pays où Vodafone est un opérateur, comme le Royaume-Uni, l'Italie ou l'Allemagne. Dans un deuxième temps, elle sera étendue aux réseaux partenaires, comme China Mobile ou Verizon Wireless (Etats-Unis). Soit, au final, un marché de près d'un milliard d'utilisateurs pour les développeurs.

Chez le français SFR, détenu à 44% par Vodafone, il n'est pas encore question d'adopter la plateforme de Vodafone. L'opérateur hexagonal est en pleine préparation du lancement de sa propre plateforme, SFR Applistore. Pour l'instant en phase de test, elle devrait être lancée fin juin. Le modèle devrait aussi se rapprocher de celui d'Apple, à savoir un partage des recettes à 70/30 entre SFR et les programmeurs.

Le marché des applications mobiles, estimé à 67 milliards de dollars en 2009 par Strategy Analytics, attise décidemment les convoitises.