Le label AB, une assurance bio

Anne-Sophie Galliano

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Pour manger bio, c'est simple: il suffit de repérer tous les produits étiquetés "AB". AB comme Agriculture Biologique. C'est le seul logo qui vous certifie que le produit est bio à plus de 95%. D'autant qu'il est garanti par le ministère de l'Agriculture.

Depuis le 1er janvier 2009, une nouvelle réglementation européenne est entrée en vigueur. Adoptée par le Conseil de Ministres de l'Agriculture de l'Union européenne en juin 2007, elle s'applique à tous les Etats membres. Cette nouvelle réglementation harmonise toutes les règles de production et d'étiquetage dans les pays européens. En particulier, elle généralise dans toute l'UE l'obligation pour les produits bio de comporter au moins 95% d'ingrédients biologiques. La contamination des produits bio par les OGM est, elle, fixée à un seuil de 0,9%. Au-delà la mention OGM doit apparaître. En dessous, seule une contamination accidentelle est tolérée.

Sur le principe, l'agriculture reste sans OGM. En revanche, la réglementation française qui était jusqu'alors plus restrictive que les règles européennes, se trouve un peu assouplie avec ces nouvelles règles. Mais fondamentalement rien ne change, assure le ministère de l'Agriculture.

En France, le label AB vaut pour les nouveaux critères européens. Un futur logo européen le remplacera d'ici au 1er juillet 2010.

Pour obtenir le label AB, l'exploitant doit demander une certification aux organismes autorisés par l'Etat à le faire. Ils sont au nombre de six en France, Ecocert est le leader du secteur. Le processus est simple: "l'exploitant nous sollicite pour une intervention de notre équipe sur le terrain". Si les produits ou l'élevage répond au cahier des charges défini par le gouvernement français, il recevra par écrit sa certification AB. L'exploitant pourra ainsi étiqueter ses produits avec le fameux label.

Le processus est simple en effet, mais le cahier des charges est lourd. Et toute présence d'OGM est interdite. La production hors sol est aussi proscrite, notamment en élevage où l'éleveur doit nourrir ses animaux avec des produits provenant principalement de l'exploitation dans laquelle ceux-ci sont détenus ou d'autres exploitations biologiques de la même région. En clair, pour être bio, un animal doit manger bio. Le respect de ces règles est vérifié par des organismes certificateurs indépendants qui contrôlent chaque unité de production et de transformation de produits biologiques.

L'exploitant sera contrôlé au moins une fois par an, un contrôle s'ajoutant aux contrôles officiels de portée générale. Obtenir le sésame vert n'est pas gratuit. Pour Ecocert, c'est dérisoire: "à peine 1% du prix du produit". Pour le producteur, soumis aux aléas des conditions climatiques, puisqu'il ne peut utiliser de subterfuge visant à améliorer la résistance de ses graines, 1% ce n'est pas rien. Mais l'investissement en vaut la peine. L'engouement pour les produits bio ne se dément pas. Mieux, il explose.