Suspens sur l'économie américaine

G. G. avec AFP

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Les deux chiffres publiés mercredi incitent à la prudence. Le recul du PIB au second trimestre a été moins important que prévu. Mais, par ailleurs, le secteur privé a détruit plus d'emplois qu'attendu.

Selon la dernière estimation officielle, la baisse du PIB a été de 0,7% en rythme annuel. Ce chiffre est meilleur que celui d'un recul de 1% publié fin août. Et il prend par surprise les analystes, qui s'attendaient à une révision à -1,2%. Bien moins fort qu'au premier trimestre (6,4%), le recul de l'activité du printemps devrait être le dernier de la récession la plus longue qu'ait connue la première économie mondiale depuis 1945.

En revanche, près de 254.000 emplois aux Etats-Unis en septembre, selon une étude du cabinet de ressources humaines ADP. Si le rythme des destructions ralentit, il reste supérieur à ce qu'espéraient les analystes. Ces derniers tablaient en moyenne sur 240.000 licenciements secs, certains même sur 200.000.

Effet retard

"L'emploi, qui généralement suit avec retard l'activité économique globale, devrait encore baisser pendant plusieurs mois, bien qu'à un rythme plus faible", avertit cependant le cabinet ADP. Les Etats-Unis sortent donc lentement de la crise.

Si la baisse moins forte que prévue du PIB au second trimestre pourrait redonner quelque peu confiance aux ménages, la Fed table tout de même sur une reprise très lente. Elle estime que les dépenses de consommation restent faibles et instables pendant un certain temps avec la montée du chômage attendue pour au moins un semestre encore.

Si elle n'a finalement reculé que de 0,9% au deuxième trimestre (et non de 1,0% comme annoncé en août), la consommation des ménages, qui assure en temps normal les deux tiers de la croissance du pays, apparaît encore bien en panne.