Caterpillar, indicateur avancé de la reprise

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Visionnaire Caterpillar? Le premier fabricant mondial d'engins de travaux publics, qui réalise 62% de ses ventes hors des Etats-Unis, n'a fait rien de moins qu'annoncer mardi la fin de la "plus grave récession économique d'après-guerre", soulignant une amélioration de la production industrielle dans "une large majorité d'économies de premier plan".

Les comptes du géant américain continuent certes de refléter les scories de la crise économique: sur neuf mois, les profits du groupe ont fondu de 77% et ses ventes d'équipements et de moteurs ont diminué de 38%. Mais pas de quoi entamer l'optimisme des dirigeants du groupe, qui après de lourdes restructurations,

tablent sur un rebond de 10 à 25% de son chiffre d'affaires l'an prochain
. Ce n'est pas une mince affaire pour une entreprise qui pronostique 32 à 33 milliards de dollars de revenus cette année et une envolée de ses résultats.

Jusqu'à présent, le consensus des analystes à Wall Street tablait plutôt sur un chiffre d'affaires de 32,7 milliards de dollars l'an prochain, bref une stabilisation de l'activité par rapport aux 32,4 milliards prévus pour 2009.

En publiant ses résultats du troisième trimestre, Caterpillar les enjoint à revoir sensiblement leurs prévisions à la hausse, ce qui donnera un peu de souffle à son cours de Bourse, qui anticipe déjà en partie ces bonnes nouvelles. Le titre capitalise en effet près de 31 fois le bénéfice prévu l'an prochain et 19 fois celui de 2011.

Après une hausse de 33% de son cours de Bourse depuis le 1er janvier, Caterpillar montre qu'avec la reconstitution des stocks chez ses distributeurs et une croissance modérée de l'économie mondiale, le groupe va bénéficier d'un net redressement de ses résultats et alimenter la hausse de son titre, malgré une valorisation plus que généreuse.