Gordon Brown demande aux pays du Golfe d'augmenter leur aide financière au FMI

E24 avec AFP

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Au cours d'une tournée qui doit durer quatre jours dans les pays du Golfe, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a lancé un appel aux monarchies pétrolières pour qu'elles augmentent leurs participations financières au fonds monétaire international (FMI) et ainsi secourir les pays victimes de la crise financière.

Les quotes-parts – c'est-à-dire les contributions de chaque pays membres au FMI – s'élèvent actuellement à 250 milliards de dollars. Dimanche 2 novembre, à Ryad, devant des hommes d'affaires britanniques et saoudiens, Gordon Brown a appelé les "Saoudiens, comme d'autres pays, à une plus grande contribution, afin d'avoir un fonds mondial plus important", estimant que d'autres pays du Golfe suivront. "J'ai bon espoir que vous et d'autres Etats du Golfe aurez la volonté de vous joindre à d'autres pays pour empêcher la crise de s'étendre, en aidant à renforcer le fonds international pour les économies affectées", a-t-il dit.

Effet de contagion

Cet appel à la mobilisation financière doit permettre de secourir les pays victimes de la crise financière. Le FMI a d'ores et déjà promis une aide financière d'urgence à la Hongrie , l'Ukraine et l'Islande. Mais le Premier ministre britannique a estimé que plusieurs centaines de milliards de dollars étaient nécessaires pour permettre au FMI de venir à la rescousse d'autres pays. Gordon Brown s'est dit optimiste sur une contribution de l'Arabie saoudite.

En soutenant le FMI, les pays du Golfe pourraient se prémunir d'un effet de "contagion" de la tourmente financière, a expliqué le Premier ministre. "Je pense qu'il est dans notre intérêt à tous de stopper la contagion et de rebâtir la confiance dans le système financier à l'avenir", a-t-il ajouté. Brown a indiqué avoir discuté avec le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel de la nécessité d'obtenir plus de contributions au FMI, dont il a espéré une de la Chine.

G20 à Washington

En appelant à l'aide les pays du Golfe, Gordon Brown a plaidé en faveur d'un rôle accru de ces pays dans le système financier international. Il s'est dit favorable à une "réforme des institutions internationales pour donner à des pays, comme le vôtre (l'Arabie saoudite), un rôle plus grand". Et d'ajouter que l'Arabie saoudite a un "rôle crucial" à jouer lors du sommet du G20 près de Washington le 15 novembre et que "sa voix doit être entendue", lors de cette réunion des chefs d'Etat des grands pays industrialisés et émergents qui va discuter d'une refonte du système financier international.

Prix du pétrole

Le Premier ministre britannique, qui s'est heurté à l'Opep sur sa récente réduction de production, a aussi souhaité un marché pétrolier plus stable pour aider à une reprise de la croissance mondiale. L'Arabie saoudite est le premier producteur de l'Opep."Nous avons un intérêt commun en tant que producteurs et consommateurs à avoir des prix plus stables et une transition, à plus long terme, vers une économie avec moins d'émissions de carbone", a-t-il dit.

Les pays du Golfe sont affectés par la chute des prix du pétrole qui ont baissé de presque 60% en trois mois et demi, passant de près de 150 dollars le baril en juillet à quelque 60 dollars. Leurs marchés financiers se sont écroulés perdant quelque 250 milliards de dollars en octobre.