16 millions d'euros pour l'université numérique

G. G. avec AFP

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Le plan de relance aura son volet université numérique. Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a annoncé lundi que 16 millions y seraient consacrés. Près de 10 millions seront investis dans la couverture wifi des campus et six millions dans le développement des équipements nécessaires à la diffusion des cours en baladodiffusion ("podcast"), a précisé la ministre à l'occasion d'une conférence de presse.

"L'objectif, c'est de profiter du plan de relance pour faire avancer l'université numérique", a affirmé Valérie Pécresse en présentant ces mesures. "On va transformer les universités en lieux high-tech", a-t-elle ajouté. Sans aller jusque là, il s'agit de rattraper un certain retard par rapport aux campus étrangers.

10.000 bornes wifi

Concernant le volet "wifi" du plan, près de 10.000 bornes supplémentaires seront installées d'ici fin 2009, afin de permettre aux étudiants d'avoir un accès à internet gratuit et en haut débit sur l'intégralité des campus universitaires.

Dans le cadre du volet "podcast", des investissements de 30 à 150.000 euros seront réalisés dans chaque établissement, en fonction de leur taille, de l'équipement existant et du nombre d'étudiants concernés.

"Il ne s'agit pas de substituer le numérique" à l'enseignement en face à face, "mais d'offrir un complément", a assuré Valérie Pécresse. "Cela va permettre une gestion individuelle du rythme d'apprentissage. C'est très important pour les étudiants qui ont des contraintes personnelles à gérer, comme les étudiants handicapés ou salariés", a-t-elle ajouté.

Aujourd'hui, 2% des étudiants inscrits à l'université ont accès aux cours en baladodiffusion. D'ici un an, 10% d'entre eux disposeront de ces "compléments de cours", selon le ministère. Près de 2.000 enseignants seront "formés" pour apprendre à utiliser les outils d'enregistrements numériques.

Retard

Cette série de mesures fait suite au rapport remis il y a un an et demi à Valérie Pécresse par Henri Isaac, professeur en sciences de gestion à Paris IX-Dauphine. Ce document dressait un constat sévère sur le retard des universités françaises en matière de technologies numériques, tant au niveau du "podcast" des cours d'amphithéâtre qu'en matière de lutte contre le plagiat ou du vote électronique aux élections étudiantes.

L'objectif global d'une intensification du recours au numérique, préconisé dans ce rapport, était double: "améliorer la qualité de service aux étudiants pour faciliter leur réussite dans le parcours universitaire" et "mettre l'université française au niveau des meilleures universités étrangères".