Au moins 10 milliards pour Hypo Real Estate

G. G. avec AFP

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Les injections de l'Etat allemand ne suffisent pas à Hypo Real Estate (HRE). La banque allemande en voie de nationalisation pourrait avoir besoin d'une injection de capital de plus de 10 milliards d'euros pour rester survivre. "Je ne serais pas étonné si une injection de capital de 10 milliards d'euros au profit de la HRE ne suffisait pas", a déclaré Michael Endres au journal Welt am Sonntag.

L'Etat a déjà fourni trois milliards d'euros en liquidités et quelque 100 milliards en garanties publiques à la banque immobilière, une des plus importantes du pays, qui a subi une perte abyssale de 5,46 milliards d'euros en 2008. Au premier trimestre, la banque a essuyé une perte nette de 382 millions d'euros, contre un bénéfice de 148 millions un an plus tôt, conséquence de la crise financière.

Débâcle

HRE s'est retrouvé dans la tourmente à l'automne dernier avec le dépôt de bilan du géant américain Lehman Brothers, où elle avait des intérêts, et la débâcle de Depfa, sa filiale irlandaise. Le gouvernement allemand a entrepris de la nationaliser afin d'éviter une faillite qui risquerait de déstabiliser l'ensemble du système financier allemand.

"Il est clair que la banque a un problème de liquidités", a affirmé Michael Endres qui accuse l'ancienne direction de la banque d'avoir investi à tort et à travers à l'étranger, y compris dans des pays qu'elle ne connaissait pas et où elle n'avait pas de représentation.

Avant Lehman

Il a également estimé que les problèmes de la banque dataient de bien avant la crise financière mondiale. "Il est faux de dire que les difficultés d'HRE datent de la faillite de Lehman. Ce n'était que le détonateur", selon Michael Endres.

HRE a récemment annoncé s'attendre à une baisse de ses résultats pour le deuxième trimestre 2009 qui se chiffrera "au moins en centaines de millions d'euros", principalement en raison des prêts immobiliers.

HRE veut faire passer ses actifs non stratégiques et nombre de ses prêts à problème à un établissement de défaisance, ou 'bad bank', semblable à ceux récemment mis en place par le gouvernement pour aider les banques publiques régionales.