Le cas HRE devant les tribunaux?

J. Bx avec AFP

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Christopher Flowers, principal actionnaire privé de la banque allemande en difficulté Hypo Real Estate (HRE), a esquissé la perspective d'une bataille juridique avec le gouvernement allemand si celui-ci cherche à l'exproprier de ses parts.

"Des expertises juridiques confirment notre point de vue selon lequel une expropriation serait illégale. Nous estimons avoir de bonnes chances (si l'on s'engage) sur le terrain juridique", a déclaré l'investisseur Christopher Flowers dans le journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung du dimanche 3 mai.

L'Américain Flowers détient 22% de Hypo Real Estate. L'Etat allemand possède lui actuellement près de 10% du capital mais cherche à nationaliser la banque pour lui éviter une faillite, qui aurait de graves répercussions sur le système financier allemand, voire européen. S'il n'arrive pas à ses fins, l'Etat pourra en dernier recours exproprier les actionnaires récalcitrants, conformément à une loi récemment adoptée et taillée sur mesure pour HRE.

"Dans bien des endroits du monde, des Etats sont intervenus pour sauver des banques. Est-ce qu'on a exproprié partout les actionnaires? Non", a dit Christopher Flowers. La majorité des actionnaires de la HRE sont pour l'instant réticents à céder leurs parts. L'Etat avait lancé une offre publique d'achat portant sur 100% du capital en proposant 1,39 euro par action. Christopher Flowers a nié vouloir faire monter les prix. Nous "ne voulons pas un prix (d'achat) plus élevé: nous ne voulons pas un centime du contribuable, nous voulons rester actionnaires et participer à l'assainissement (de la banque) en tant qu'investisseur de long terme", a-t-il affirmé.

L'OPA de l'Etat n'ayant pas séduit, HRE compte proposer le 2 juin une augmentation de capital de 5,64 milliards d'euros qui sera uniquement souscrite par l'Etat allemand, afin que ce dernier réussisse sa nationalisation complète. Le volume proposé correspondra à 90% du capital de la banque, soit les parts des actionnaires privés qui échappent encore à l'Etat. La banque a déjà bénéficié de 102 milliards d'euros de garanties, essentiellement publiques. Elle a essuyé une perte nette de 5,5 milliards d'euros en 2008.