BofA et Citi cherchent des capitaux

J. Bx avec AFP

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Les groupes bancaires américains Bank of America et Citigroup chercheraient à lever plusieurs milliards de dollars de capitaux frais supplémentaires au cas où ils ne parviendraient pas à convaincre les autorités de Washington qu'ils sont assez solides financièrement, rapporte dimanche 3 mai le Financial Times.

Tout comme Citigroup, "Bank of America et deux autres banques vont tenter lundi 4 mai de convaincre le Trésor et la Réserve fédérale que les conclusions des 'tests de résistance' concernant leur santé financière sont trop pessimistes", écrit le quotidien britannique sur son site internet, citant des sources proches du dossier. Les groupes Wells Fargo et PNC Financial pourraient eux aussi avoir à lever des capitaux supplémentaires, selon le Financial Times.

Ces informations interviennent alors que le Wall Street Journal avait déjà indiqué la semaine dernière que les deux géants bancaires américains pourraient avoir besoin de plusieurs milliards de dollars supplémentaires à la suite du passage des "stress tests".

Les autorités américaines ont soumis les établissements bancaires américains détenant plus de 100 milliards de dollars d'actifs et ayant reçu des aides publiques à des "tests de résistance", pour mesurer leur capacité à faire face à une dégradation forte et prolongée de la conjoncture économique. Selon une source gouvernementale, les résultats de ces tests doivent être rendus publics jeudi 7 mai.

Si les banques sont dans l'ensemble bien capitalisées, la Fed a indiqué le 24 avril qu'il était "prudent que les grandes holdings bancaires conservent des capitaux en excès dans les deux ans à venir pour disposer d'un coussin de sécurité contre des pertes plus fortes que prévu".

Selon le Financial Times, Citigroup serait à l'heure actuelle en train d'étudier la conversion de 15 milliards de dollars d'actions préférentielles détenues par des intérêts privés.

En cas d'insuffisance capitalistique, le Trésor a déjà indiqué qu'il souhaitait que celles-ci se tournent en premier lieu vers des investisseurs privés. Au-delà d'un délai de 6 mois, l'Etat américain injectera lui-même les capitaux nécessaires, comme il l'a fait depuis octobre.

"Sans le dire clairement, le gouvernement se donne l'occasion de nationaliser" les banques aux bilans les plus faibles et en manque de fonds propres", renchérit Douglas McIntyre, analyste du site 247WallSt, cité par l'AFP. Selon lui, les banques réalisant un faible score au "test", vont voir échouer leur tentatives de se tourner vers les marchés privés de capitaux, ce qui fera du gouvernement fédéral "le prêteur de dernier recours".

Selon l'agence de notation Standard and Poor's, le géant Bank of America pourrait ainsi nécessiter jusqu'à 70 milliards de dollars supplémentaires, après avoir déjà bénéficié de 45 milliards d'aide publique.