Nouvelle baisse de la production industrielle en septembre

E24 avec AFP

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La production industrielle française a une nouvelle fois reculé en septembre, pénalisée notamment par la chute de l'automobile, ce qui traduit un affaiblissement de la demande appelé à durer, selon les économistes.

La production industrielle a baissé de 0,5% en septembre par rapport au mois d'août, après s'être déjà repliée de 0,4% le mois précédent, a annoncé ce lundi l'Insee. La seule production manufacturière (hors énergie et industries agricoles et alimentaires) a reculé de 0,8% après une baisse de 0,5% en août.

Le secteur de l'automobile qui s'est repliée de 3,1%. "Les annonces des constructeurs de fermetures temporaires de sites afin d’optimiser la gestion des stocks se traduiront par une baisse massive de la production au cours des prochains mois, ce qui conduira à de nouveaux replis de l’activité manufacturière dans son ensemble", prédit Alexander Law, du cabinet Xerfi. La production de biens intermédiaires a également baissé de 1,5%.

Forte récession

"La récession est donc forte, surtout dans les secteurs qui cumulent problèmes structurels de compétitivité (pertes de part de marché et délocalisations de l’outil manufacturier) et affaiblissement de la demande", souligne Nicolas Bouzou, du cabinet Asterès.

"Le mois de septembre aura été marqué par une double baisse: baisse des exportations et baisse de la production industrielle, qui traduit l’affaiblissement simultané des demandes interne et mondiale", poursuit l'économiste.

Le déficit commercial de la France a en effet atteint un niveau mensuel record en septembre à 6,250 milliards d'euros, contre 5,372 milliards d'euros en août, sous le coup d'une baisse notable de la demande.

Des secteurs résistent

Certains secteurs ont toutefois résisté. Ainsi la production de biens de consommation est en hausse (+0,4%), grâce aux produits pharmaceutiques, ainsi que celle des biens d’équipement (+0,7%), soutenus par la branche transports.

"Cela montre que la baisse des cours du baril, le repli de l’euro et les assouplissements monétaires passés et à venir pourraient permettre à l’économie française de sortir progressivement de l’ornière à partir de l’été prochain", en conclut Marc Touati, chez Global Equities.

Les industries agricoles et alimentaires ont également vu leur production progresser de 2,0%. "Il s'agit là toutefois d'une correction après un mois d'août particulièrement pénible", tempère Alexander Law.

Nouveau recul du PIB

Selon lui, "à court terme, il n’y a guère à espérer du côté de l’industrie". Il n’y a "pas de miracle à attendre sur le front de la croissance au troisième trimestre: selon toute vraisemblance, le PIB s’est de nouveau inscrit en baisse entre juillet et septembre", estime-t-il aussi. Nicolas Bouzou s'attend, lui, à un recul du PIB de 0,3% au troisième trimestre, comme au deuxième trimestre.

L'Insee doit publier vendredi les premiers chiffres de la croissance française au troisième trimestre.