Intel: l'effet stock

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Les résultats du premier fabricant mondial de semi-conducteurs sont considérés comme un baromètre de la santé de l'économie mondiale. Mais cette fois, beaucoup d'éléments ponctuels expliquent le "point d'inflexion" dans l'activité de l'américain. Les dirigeants d'Intel -ainsi que de certains de ses clients comme Dell- continuent d'ailleurs de tenir un discours prudent sur l'état de l'économie mondiale et l'évolution de la demande. Malgré certains signes de stabilisation de l'économie mondiale, les dépenses informatiques sont attendues en recul de 6% cette année.

Dans cet environnement toujours incertain, Intel a bénéficié au cours du deuxième trimestre d'une diminution de ses stocks (240 millions de dollars) et d'un rebond très localisé de la demande, en Chine en l'occurrence. Cet effet de stock représente 27% de la hausse des ventes du groupe entre le premier et le deuxième trimestre. Il fait suite à la décision d'Intel, dès le quatrième trimestre 2008, de ralentir brutalement son activité et de réduire ses coûts -une décision reprise dans l'ensemble des secteurs d'activité, en raison du gel du crédit survenu à la suite de la faillite de Lehman Brothers.

Cet effet de stock favorable devrait jouer au troisième trimestre, avec la rentrée des classes, à un moment où l'économie américaine pourrait commencer à bénéficier du plan de relance voté en février dernier. Les résultats du troisième trimestre d'Intel seront de nouveau en baisse, compte tenu notamment d'une base de comparaison défavorable. Mais les marges du groupe ont déjà commencé à se redresser -le taux de marge brute est passé de 45,6% à 50,8%. Intel l'anticipe à 53% au troisième trimestre, plus ou moins 2 points de pourcentage. Retraitée de l'amende de la Commission européenne, la marge d'exploitation d'Intel s'est fortement redressée au cours du trimestre passé, preuve que les mesures de réduction des coûts ont rapidement porté leurs fruits.

Il faudra en revanche plusieurs trimestres pour que le groupe retrouve une tendance plus durable de croissance des ventes et de ses résultats. Sur douze mois glissants, le chiffre d'affaires d'Intel atteint 33,6 milliards de dollars, contre 37,6 milliards fin 2008. Le résultat d'exploitation s'établit à 5,3 milliards de dollars contre 8,6 milliards fin 2008.

En attendant des tendances de long terme plus solides, le seul danger pour Intel serait une rechute de l'activité (scénario en "W"), faute d'un consommateur américain ou européen suffisamment rassuré sur l'avenir. Or ce risque n'est aujourd'hui pas totalement écarté. Il faudra d'autres bonnes nouvelles que de simples effets de saisonnalité ou d'effet de base redevenus plus favorables pour donner une réelle consistance au redressement du géant mondial des semi-conducteurs.