Des sans-papiers employés dans les gares SNCF

T.V avec AFP

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L'été dernier, des sans-papiers salariés d'un grand restaurant, avenue de la Grande Armée à Paris, mettaient à jour les conditions de travail de nombreux immigrés dans le secteur privé. Aujourd'hui, c'est à la SNCF que des travailleurs sans-papiers font parler d'eux.

Plus exactement, la société Vigimark qui assure pour le compte de la SNCF, le gardiennage des gares parisiennes, est mise en cause. 150 maîtres-chiens, selon Sud-Rail, n'avaient pas de papiers et trente-huit d'entre eux ont lancé une action collective pour se faire régulariser. La SNCF en tant que donneur d'ordre, endosse une part de responsabilités. Des négociations sont donc en cours entre les sans-papiers, les autorités et la SNCF.

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La SNCF a résilié son contrat avec Vigimark et affirme qu'elle respectera ses engagements vis-à-vis de ces salariés, a t-elle annoncé vendredi dans un communiqué. Par ailleurs, l'entreprise publique a indiqué avoir écrit lundi "à l’ensemble des prestataires de sécurité travaillant au sein des emprises ferroviaires" pour leur rappeler "leurs obligations légales à l’égard du code du travail". En outre, "une campagne de contrôles des habilitations officielles d’agents de sécurité est engagée par la Surveillance générale de la SNCF".

Enfin, "un audit interne sur les conditions dans lesquelles les entreprises de sécurité privées emploient les salariés affectés à la protection des emprises ferroviaires est en cours". Jeudi, Vigimark avait affirmé avoir "recherché tous les moyens pour permettre" la régularisation des agents sans-papiers en lien avec la SNCF, la préfecture et Sud-Rail, et n'avoir "jamais fait travailler ses employés dans des conditions contraires à la législation sociale et à la dignité humaine".

Sud-Rail a déclaré vendredi à l'AFP "ne pas du tout se satisfaire" de la décision de la SNCF, qui "cherche à se couvrir en s'en prenant à Vigimark, dont la direction a été correcte depuis le début". Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, avait transmis lundi ce dossier à la justice, notamment en raison de possibles "infractions particulièrement graves au droit de l'entrée et du séjour des étrangers, au droit du travail, au droit des professions réglementées dans le domaine de la sécurité, et au droit s'appliquant à la traite des êtres humains". Il avait souligné "la responsabilité du donneur d'ordre", la SNCF.