Le G20 prône des plans de relance

E24 avec AFP

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C'est un accord de principe. "Une réponse politique élargie, fondée sur la coopération macro-économique, est nécessaire pour rétablir la croissance", indique la déclaration finale du G20, organisé après deux mois d'une crise financière inédite depuis les années 1930.

Le G20, dont les membres génèrent 85% du produit intérieur brut de la planète, a énuméré une série d'"actions immédiates" pour empêcher l'économie mondiale de sombrer dans une récession prolongée. Ils suggèrent l'utilisation de "mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides" ou des baisses des taux d'intérêt dans certains pays. Le FMI, par la bouche de son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, a indiqué qu'il était favorable à des plans de relance nationaux et coordonnés, dont le montant équivaudrait à 2% du produit intérieur brut des pays participants.

Sans précédent

Les participants se sont tous félicités de la réussite de ce sommet. C'est "un processus sans précédent," a affirmé le Premier ministre canadien Stephen Harper. Nicolas Sarkozy s'est de son côté réjoui que le G20 soit d'accord sur la "nécessité d'une relance coordonnée, concertée". Ce qui devrait déboucher, selon le Premier ministre britannique Gordon Brown, sur "des annonces significatives d'un certain nombre de pays dans les prochaines semaines".

Ce sommet n'est qu'une première étape. Le "plan d'action" défini par les dirigeants du G20 contient ainsi des mesures "à haute priorité" pour améliorer la supervision du système financier que les ministres des finances devront suivre afin de faire des propositions d'ici au 31 mars.

Première étape

Cinq champs d'action ont été définis: remise à plat des aspects de la régulation qui exacerbent les crises, harmonisation des normes comptables, amélioration de la transparence des marchés de produits dérivés, révision des pratiques de rémunération des dirigeants de banques pour éviter des prises de risque excessives et "révision du mandat, de la gouvernance et des besoins en capitaux des institutions financières internationales".

Pour retrouver les principaux points du plan d'action du G20, cliquez ici.

Pour "vérifier la mise en œuvre" de ces grands axes, les dirigeants ont convenu de se retrouver avant le 30 avril. Nicolas Sarkozy a proposé que ce sommet ait lieu à Londres, la Grande-Bretagne assurant l'an prochain la présidence du G20.

Réorganisation

Finalement, il n'est donc plus question d'une réforme globale du système financier, sorte de Bretton Woods II, souhaitée par certains pays, dont la France. Mais le G20 a tout de même proposé une réorganisation des institutions multilatérales, comme le FMI et la Banque mondiale, pour faire de la place aux pays émergents. Des intentions suffisantes pour établir "une nouvelle gouvernance économique", selon le président français, qui n'a pas obtenu un super-gendarme de la finance internationale.

Il était cependant difficile d'obtenir davantage du sommet de Washington car le 20 janvier 2009, le président américain George W. Bush laissera la place à Barack Obama, absent du sommet.