Johnson & Johnson confirme ses objectifs

CV avec AFP

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Le groupe pharmaceutique américain Johnson et Johnson a limité à 3,6% le recul de son bénéfice net au deuxième trimestre malgré une chute marquée de son chiffre d'affaires sur cette période et a confirmé ses prévisions pour l'ensemble de l'année.

Le groupe, également présent dans les produits d'hygiène personnelle et les équipements médicaux, a dégagé en avril-juin un bénéfice net de 3,2 milliards de dollars, contre 3,33 milliards sur la même période l'année précédente, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action est ressorti à 1,15 dollar, au-delà des anticipations des analystes, qui tablaient sur 1,11 dollar par action seulement.

Le chiffre d'affaires a en revanche plongé de 7,4% au deuxième trimestre, à 15,24 milliards de dollars, mais c'est un peu mieux que ce qu'attendait le marché (15,02 milliards).

Chute des ventes pharmaceutiques

Le groupe a vu ses revenus plombés par un effet de changes défavorable, mais il a surtout souffert d'une chute de ses ventes pharmaceutiques, à 5,5 milliards de dollars: ces dernières ont reculé de 6,7% aux Etats-Unis, et de 8% à l'international.

Johnson & Johnson a salué les performances de son anti-inflammatoire vedette Remicade, qui a vu en un an ses ventes s'envoler de 24,4%, à 1,1 milliard de dollars. Le groupe a engagé en mai une procédure d'arbitrage pour obtenir la totalité des droits sur ce médicament, qu'il co-distribue jusqu'à présent avec son concurrent américain Schering-Plough.

Effondrement du Risperdal

En revanche, les ventes du traitement psychiatrique Risperdal, dont le brevet a expiré en 2008, se sont effondrées de 66,4%, "en raison de l'impact négatif de la concurrence des (versions) génériques" du médicament.

Les ventes de produits de grande consommation ont quant à elles reculé de 4,5% sur un an (-8,4% à l'international), à 3,8 milliards de dollars, malgré le succès, souligné par le groupe, rencontré par le bain de bouche Listerine et les marques de soins dermatologiques Neutrogena et Aveeno.

Le secteur de l'appareillage médical et des matériels de diagnostic a vu pour sa part son chiffre d'affaires baisser de 3,1%, à 5,9 milliards de dollars. Une progression de 1,9% de cette activité aux Etats-Unis n'a pas permis de compenser un effondrement de 7,2% à l'international.

Bon accès au marché du crédit

"Ce trimestre est l'un des plus difficiles que notre entreprise ait connu dans son histoire en termes de comparaisons annuelles (...). La baisse de nos ventes reflète l'environnement actuel", a souligné le directeur financier Dominic Caruso, à l'occasion d'une conférence d'analystes. "Cependant, nous restons solides financièrement, nous générons un confortable niveau de liquidités et avons un bon accès au marché du crédit", a-t-il poursuivi.

Malgré la concurrence des génériques et la dégradation des ventes, les dirigeants de Johnson & Johnson ont confirmé qu'ils tablaient toujours pour l'ensemble de 2009 sur un bénéfice courant par action, hors exceptionnels, compris entre 4,45 et 4,55 dollars. Le marché anticipe quant à lui un bénéfice de 4,55 dollars par action.

Investissements

"Nos investissements, à travers la recherche et le développement en interne, et une stratégie de partenariats et d'acquisitions, nous ont permis de nous construire des perspectives parmi les meilleures dans le secteur", a rappelé le PDG William Weldon, cité dans le communiqué.

J&J avait annoncé en mai l'acquisition de la société de biotechnologies Cougar, qui développe des traitements contre le cancer. Début juillet, il avait pris une participation de 18,4% dans l'entreprise irlandaise Elan, dans le cadre d'un rapprochement de leurs recherches contre la maladie d'Alzheimer.

Johnson & Johnson avait par ailleurs indiqué en juin "avoir sept molécules en demande d'autorisation (auprès des autorités sanitaires) aux Etats-Unis et en Europe".