Opel attend d'être fixé sur son sort

Anne-Sophie Galliano avec AFP

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Pour Opel, l'avenir reste incertain. Berlin avait clairement signifié sa préférence pour Magna, mais rien n'est fixé dans le marbre. Les experts du gouvernement allemand ont clairement signifié que l'apport en capital de Magna était insuffisant. Selon le quotidien Frankfurt Allgemeine Zeitung, l'équipementier s'est engagé à investir 700 millions d'euros grâce à son partenaire russe, la banque Sberbank, mais il s'agirait essentiellement de titres de dettes.

La holding RHJ Holding est toujours dans la course tout comme Fiat. Mais Sergio Marchionne, patron exécutif du constructeur italien, est désabusé. "Ce que nous devions faire, nous l'avons fait et donc nous avons le sentiment d'avoir fait tout ce qui était possible", a-t-il déclaré aux agences italiennes. "Quoi que l'on puisse dire aujourd'hui, on pourrait se tromper: à la loterie, il vaut mieux attendre les résultats. (…) Il n'y a rien de neuf", a-t-il ajouté.

Et ce n'est pas la réunion qui se tient ce mercredi soir à la Chancellerie, avec les représentants allemands et des Etats régionaux concernés par les usines Opel, les représentants de GM et du ministère des finances américains, qui devrait apporter une réponse définitive sur le choix du repreneur. Pourtant, une inquiétude du gouvernement allemand vient d'être levée. General Motors a transféré à sa filiale Opel toutes les usines en Europe et les technologies européennes. Dans le détail, il s'agit des actifs liés à Opel, à sa jumelle Vauxhall et aux sites de production de pièces automobiles et de moteurs. En sont exclues les activités de la marque Saab, a précisé un porte-parole de GM à l'AFP. Mais les experts allemands poussent à la prudence et à la réflexion. Tous les détails ne sont pas réglés avec GM, dont la mise sous le chapitre 11 devient inévitable.

Le dossier vient encore de se compliquer un peu plus. La Belgique a poussé la Commission européenne à se préoccuper du dossier de rachat d'Opel. Pour ce pays, où Opel a une usine de 2.600 personnes, l'Allemagne n'est pas le seul pays concerné par la cession du constructeur. "Du côté européen, seulement un gouvernement est impliqué dans ce processus de décision. Etant donné la répartition des usines Opel, de General Motors Europe et de Vauxhall entre plusieurs pays européens, nous préférons une participation européenne plus globale", explique le premier ministre belge Herman Van Rompuy et le chef du gouvernement flamand Kris Peeters, dans une lettre adressée au président de la commission, José Manuel Barroso, révélée par l'AFP.

Du coup, la Commission européenne a décidé de convoquer une nouvelle réunion ministérielle de "coordination" sur l'avenir des sites européens de GM. "Nous cherchons une date", selon le porte-parole de la Commission. En clair, Opel n'est pas prêt d'être fixé sur son sort.