Le yo-yo du dollar

CV avec agences

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Le rôle du dollar en tant que seule monnaie d'échange internationale
a soigneusement été évité dans les débats rendus publics lors du
dernier G20 de Pittsburgh
. Pourtant, les fluctuations incessantes de la monnaie américaine sont aujourd'hui un facteur d'instabilité pour le système économique mondial. Il bénéficie naturellement en premier lieu aux Etats-Unis qui se veulent rassurants et rejettent toute idée d'une remise en cause du système monétaire actuel.
A maintes reprises, le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a déclaré ne pas être inquiet pour le dollar

Baisse modérée

Ce mercredi 30 septembre, l'euro a nettement rebondi en Asie repassant au-dessus de la barre de 1,46 dollar face à un billet vert affecté par le pessimisme entourant la publication des taux d'intérêts et indicateurs aux Etats-Unis.

Le dollar perdait également du terrain face à la devise nippone à 89,65 yens, contre 90,10 yens mardi soir. "Le (change) dollar-yen va baisser en raison de la faiblesse générale du dollar aujourd'hui (mercredi) vis-à-vis d'autres devises comme l'euro ou le dollar australien", par crainte de taux d'intérêt qui pourraient rester bas plus longtemps que prévu, a expliqué Osao Iizuka, directeur du commerce des changes étrangers à Sumitomo Trust and Banking, cité par l'agence financière Dow Jones Newswires.

Les analystes tablent en outre sur des indicateurs, publiés mercredi aux Etats-Unis, moins bons que prévu. Sont attendus mercredi après-midi les statistiques relatives à l'emploi dans le secteur privé au mois de septembre, le Produit intérieur brut (PIB) du deuxième trimestre ainsi que l'activité industrielle à Chicago et les stocks hebdomadaires de pétrole brut aux Etats-Unis.

Les traders, interrogés par Dow Jones, estiment néanmoins que la baisse du dollar dans les deux prochains jours restera "modérée".

Tendance inverse

Lundi et mardi (28 et 29 septembre), la tendance était inverse: l'euro reculait face au dollar qui bénéficiait alors de la publication d'indicateurs économiques européens et américains envoyant des signaux contradictoires sur la reprise économique.

"Il y a eu des commentaires notables du président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, affirmant qu'il était "extrêmement important d'avoir un dollar américain fort". Le fait que ces remarques ont reçu une certaine résonance d'autres régulateurs de la zone euro suggère qu'elles n'étaient pas improvisées", a estimé Vassili Serebriakov, analyste de la banque Wells Fargo.

Selon lui, cela pourrait être "le premier signe" d'une surévaluation de l'euro.

Au chapitre des indicateurs, l'euro a été pénalisé par la chute spectaculaire des prix à l'importation en Allemagne (-10,9% en août sur un an), puis par un recul surprise de la confiance des consommateurs américains en septembre, qui a favorisé le dollar sollicité comme valeur sûre face aux incertitudes économiques.

Il n'a donc pas tiré profit du redressement de l'indice de confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs de la zone euro, qui a augmenté en septembre pour le sixième mois consécutif.

Ces

mouvements erratiques du dollar
sont continus depuis de nombreux mois et sont révélateurs de l'insécurité économique des entreprises internationales. D'où le fait que l'idée de faire émerger deux ou trois monnaies internationales soit de plus en plus reprise au niveau international.