Télécom: Vivendi n'est plus intéressé par l'Afrique

Guillaume Guichard avec agences

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Vivendi "interrompt aujourd’hui les discussions engagées il y a quelques semaines avec le groupe koweitien Zain pour l’acquisition d’une participation majoritaire dans ses activités de télécommunications en Afrique", a annoncé le groupe français dans un communiqué. Vivendi avait confirmé son intérêt pour une telle acquisition le 9 juillet, avec pour objectif de "capitaliser sur son expérience réussie de développement dans la téléphonie mobile en Afrique", via sa filiale Maroc Telecom.

Action en hausse

La décision de Vivendi de renoncer au rachat des actifs de Zain a été bien accueillie par le marché, alors qu'un désaccord sur le prix est une des raisons évoquées pour expliquer l'échec des négociations. Zain espérait que la vente de ses actifs lui rapporte entre 10 et 12 milliards de dollars, tandis que Vivendi comptait débourser environ 8 milliards de dollars, a estimé un analyste d'Oddo Securities interrogé par l'AFP.

Le titre Vivendi a bondi lundi matin à la Bourse de Paris, après l'annonce par le groupe de la fin des discussions avec l'opérateur koweïtien Zain pour racheter ses actifs en Afrique. A 12H35, l'action prenait 3,75% à 18,11 euros, dans un marché en hausse de 1,73%. Depuis le début de l'année, elle a perdu plus de 20% tandis que le CAC 40 a pris un peu plus d'1%.

Fausse route

Cette opération aurait pesé sur le résultat par action de Vivendi qui "aurait baissé de 10-15% pendant une période de deux à trois ans", a estimé l'analyste d'Oddo Securities, jugeant la rentabilité de Zain à court terme limitée.

Il explique aujourd'hui avoir "appliqué à cet investissement potentiel dans les pays émergents ses critères habituels de rentabilité et de discipline financière, dans le meilleur intérêt de ses actionnaires". L'offre aurait en effet achoppé sur l'aspect financier. Les analystes s'inquiétaient des conséquences d'un tel rachat pour les finances du groupe média. Ils estimaient qu'une prise de participation obligerait Vivendi à organiser une augmentation de capital.

D'autres acquéreurs

De son côté, Zain procède à une revue de ses actifs africains et pourrait en céder, à l'exception de ses activités marocaines et soudanaises. "Plusieurs parties ont déjà exprimé leur intérêt pour les actifs africains de Zain et le conseil d'administration du groupe a donc décidé de leur donner accès aux informations leur permettant de formuler des propositions", a précisé dans un communiqué l'opérateur de télécomunications koweïtien cité par l'agence Dow Jones.

Zain appartient à la société Mobile Telecom Co, cotée à la Bourse du Koweit et au capital de 11,6 milliards de dollars. L'opérateur est très présent en Afrique et au Moyen-Orient, où il comptait 64,6 millions d'abonnés à fin mars 2009. Le groupe affiche de grandes ambitions: il table sur un excédent brut d'exploitation de 6 milliards de dollars en 2011, contre 2,8 milliards en 2008, grâce à une base de 150 millions de clients. De quoi le placer dans le top 10 mondial.