GM garde finalement Opel

CV avec AFP

— 

Le constructeur américain

General Motors
vient d'annoncer qu'il avait décidé de
ne plus vendre sa marque Opel au Canadien Magna
, en raison d'un "environnement devenu plus favorable", et qu'il tenterait plutôt de la restructurer.

"Vu l'amélioration de l'environnement pour GM ces derniers mois et étant donné l'importance d'Opel/Vauxhall pour la stratégie internationale de GM, le conseil d'administration a décidé de conserver Opel et va engager une restructuration de ses opérations en Europe le plus rapidement possible", explique le groupe dans un communiqué. Le montant de l'addition des restructurations devrait être de 3 milliards d'euros selon GM.

Le constructeur va "rapidement présenter son plan de restructuration en Allemagne et aux gouvernements concernés et espère qu'ils l'accueilleront favorablement", a ajouté Fritz Henderson, directeur général du groupe. "Nous comprenons que la complexité et la lenteur de ce processus ont été épuisantes pour tout ceux qui y étaient partie prenante. Mais depuis le début, notre but a été d'assurer la meilleure solution à long terme pour nos clients, employés, fournisseurs et revendeurs", a-t-il ajouté.

La solution finalement choisie a été jugée "la plus stable et la moins coûteuse pour assurer l'avenir d'Opel/Vauxhall à long terme", a-t-il poursuivi.

Tempête politique

Le Trésor américain a aussitôt affirmé que le constructeur avait décidé seul de garder sa filiale allemande Opel, sans aucune intervention de l'Etat fédéral, qui est son premier actionnaire. "Le gouvernement n'a pas été impliqué dans cette décision, qui a été prise par le conseil d'administration de GM", a indiqué une porte-parole, Meg Reilly. L'Etat américain détient plus de 60% du capital de GM mais assure régulièrement ne pas s'immiscer dans la gestion quotidienne de l'entreprise.

L'annonce de General Motors est intervenue le jour même d'une visite aux Etats-Unis de la chancelière allemande

Angela Merkel, qui s'était fortement engagée en faveur de la cession d'Opel à Magna
. "Le gouvernemet fédéral regrette la décision du conseil d'administration de General Motors", a déclaré Ulrich Wilhelm, porte-parole du gouvernement, dans un communiqué.

Berlin attend désormais de GM qu'il "renforce la performance de l'entreprise Opel" et qu'il "limite les adaptations inévitables au strict minimum".

1,5 milliard de crédits

Le gouvernement souhaite également que GM "rembourse selon les conditions contractuelles les 1,5 milliards de crédit" accordés par la puissance publique pour assurer les besoins de financement temporaires d'Opel, poursuit le communiqué.

"Avec cette décision, un processus d'investissement qui a été mené intensivement par toutes les parties, dont GM, pendant plus de six mois, est rompu", déplore le gouvernement. La question d'Opel sera abordée, à la demande de la chancelière Angela Merkel, lors du conseil des ministres mercredi, ajoute-t-il.

"Je suis consterné et en même temps énervé, que les mois d'efforts pour trouver la meilleure solution possible Opel, aient échoué à cause de General Motors", a pour sa part déclaré Roland Koch, le chef du gouvernement régional de Hesse, où se trouve l'usine Opel de Rüsselsheim (ouest), immédiatement après l'annonce de GM. "En raison des mauvaises expériences des dernières années avec la politique d'entreprise de GM, je me fais beaucoup de souci pour l'avenir de l'entreprise et de ses salariés, a-t-il ajouté.

M. Koch espère un remboursement d'ici le 30 novembre des aides publiques déjà versées "pour que le contribuable allemand ne subisse aucun dommage".

C'est une solution mûrement choisie par General Motor dont la situation s'est améliorée.

GM Déjà fin août dernier, le constructeur américain avait fait transpirer dans la presse sa volonté de conserver Opel
. Il a avait finalement reculé en raison d'une très forte pression politique et peut-être aussi, alors, en raison d'un manque de perspectives. Mais l'horizon s'est dégagé entre temps.

Allié britannique

Pour sa part, le gouvernement britannique a indiqué ce mercredi qu'il allait travailler étroitement avec le constructeur automobile américain General Motors (GM) sur ses futurs projets pour sa division européenne Opel,.

"Nous avons toujours dit que si une solution viable à long terme était trouvée, le gouvernement serait disposé à y injecter des fonds", a indiqué un porte-parole du ministère britannique du Commerce.

Londres semblait assez peu enclin à soutenir le plan de retruscturation de Magna, craignant pour ses usines Vauxhall. Le syndicat britannique Unite s'est réjoui de la décision de GM. La Grande-Bretagne héberge deux usines Vauxhall (marque britannique jumelle d'Opel) employant 4.700 salariés.

La marque américaine emploie en Europe 55.000 personnes, dont près de la moitié en Allemagne, mais aussi au Royaume-Uni, en Belgique, en Espagne et en Pologne.