Calyon prévoit une année 2009 difficile

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Calyon anticipe une augmentation du coût du risque, mais est en ligne avec ses objectifs fixés pour 2010 dans le cadre du plan de restructuration présenté le 11 septembre 2008, c'est ce qu'affirme Patrick Valroff, son responsable, dans un entretien publié ce mercredi par Les Echos. A cet horizon, Calyon table sur un résultat net de 1 milliard d'euros, avec un coefficient d'exploitation de 60% et un retour sur fonds propres entre 14% et 16%. "Sur les deux premiers mois de l'année 2009, nous sommes en ligne avec nos objectifs", affirme le dirigeant. En termes de revenus, l'objectif est de réaliser un tiers du produit net bancaire en banque de financement, un tiers sur les marchés de produits de taux ("fixed income") et un tiers sur les marchés actions, dérivés et courtage.

La banque de financement et d'investissement de Crédit Agricole S.A. a par ailleurs décidé de ne pas s'engager dans une course à la taille. "La course à la taille n'est plus notre sujet. Nous voulons construire un modèle différent, au plus près de l'économie réelle", indique Patrick Valroff. Il évoque un "modèle qui correspond aux gènes profonds du Crédit Agricole, recentré et orienté intégralement vers ses clients". Calyon a subi de lourdes pertes à partir du quatrième trimestre 2007 et tout au long de 2008, à cause de son exposition à la crise du subprime et à l'amplification de la crise financière à partir de septembre 2008, lors de la faillite de Lehman Brothers.

Compte tenu de la baisse des marchés financiers et de l'activité correspondante pour Calyon, les bonus ont reculé de 50% en moyenne sur les activité de marché en 2008. Par ailleurs, ni Crédit Agricole ni Calyon n'ont procédé au versement de stock-options (le dernier plan remonte à 2006), indique le responsable.

Evoquant la prochaine réunion du G20, prévue le 2 avril prochain à Londres, Patrick Valroff estime que "la communauté internationale va devoir réfléchir aux moyens sécurisés et équilibrés d'assurer demain l'accompagnement des besoins d'investissement de la planète, qu'il s'agisse des grands projets, de la production énergétique, de l'offre agroalimentaire, du commerce mondial ou du développement des entreprises. C'est, à mon sens, l'un des enjeux du G20".