Chômage partiel: 6 mois de plus en Allemagne

AFP

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Le gouvernement allemand va porter de 18 à 24 mois la durée d'indemnisation du chômage partiel pour éviter des licenciements massifs, a indiqué mercredi soir le ministère du Travail dans un communiqué. Cette décision a été annoncée à l'issue d'une rencontre du ministre Olaf Scholz avec les représentants des employeurs et des syndicats.

"Tous les pronostics économiques prédisent une crise mondiale avec des chutes massives des commandes et des ventes. C'est pourquoi nous voulons prendre des mesures supplémentaires pour stabiliser le marché de l'emploi", ont expliqué dans un communiqué commun le ministre, le président de la confédération syndicale DGB, Michael Sommer, et celui de la fédération patronale BDA, Dieter Hundt.

La durée d'indemnisation du chômage partiel va ainsi être allongée de six mois, passant de 18 à 24 ans, et pour soulager les entreprises, les cotisations sociales seront entièrement prises en charge par l'Agence fédérale pour l'emploi à partir du 7e mois de chômage partiel, selon le communiqué. Ces nouvelles mesures "doivent aider à ce que les entreprises gardent leurs salariés, malgré la crise", précise le communiqué.

De nombreuses entreprises très orientées vers l'export, notamment l'automobile, la métallurgie et les machines-outils, ont recours au chômage partiel pour adapter leur production à une demande mondiale en berne. A la fin mars, 24.000 entreprises utilisaient cette possibilité. Des grands noms comme BMW, Daimler, Thyssenkrupp ou BASF en font partie.

Pour éviter des licenciements secs, la possibilité de recourir au chômage partiel avait déjà étendue de 12 à 18 mois par le gouvernement, et les cotisations sociales correspondant au chômage partiel étaient déjà prises en charge à 50% par l'Agence pour l'emploi. "Les allègements en matière de chômage partiel décidés jusque-là ont déjà permis de sécuriser plusieurs centaines de milliers d'emplois", souligne le communiqué.

Le taux de chômage en Allemagne a augmenté de façon inattendue en mars, selon les chiffres de l'Agence fédérale pour l'emploi. Le taux de chômage brut, qui fait référence dans le débat public, a augmenté de 0,1 point à 8,6%. Quelque 3,586 millions de personnes étaient à la recherche d'un emploi en mars, soit 34.000 de plus qu'en février.