Bonus: Blair veut des critères plus stricts

J. Bx avec agences

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La polémique autours des bonus de l'industrie financière américaine enfle. La présidente du régulateur bancaire américain, Sheila Bair, s'est jointe à la Chambre des Représentants et au procureur de l'Etat de New-York, Andrew Cuomo, pour demander que des critères de rémunération plus strictes soient établies au sein des banques.

Les régulateurs devraient user de leur autorité pour établir des standards de rémunération fondés sur des principes sans pour autant définir des limites spécifiques, a déclaré la patronne de la FDIC lors d'un entretien accordé mercredi 5 août à la chaîne de télévision Bloomberg. Ces recommandations devraient à la fois couvrir certains employés, comme les courtiers en crédit hypothécaire, et les cadres dirigeants des sociétés financières américaines, a-t-elle ajouté.

"Je ne suis pas sûre que tous ces salaires mirobolants soient nécessaires pour conserver ses employés et maintenir la compétition", a expliqué Sheila Bair. "Nous nous devons de réorganiser le système pour que les primes prennent en compte le long-terme", a plaidé la dirigeante.

Bonus indus

Ces propos interviennent alors que la polémique enfle sur le montant et la justification des bonus octroyés au titre de l'exercice 2008 dans la plupart des banques secourues par l'Etat américain. Un rapport du procureur de l'Etat de New-York, Andrew Cuomo, a ainsi révélé que les neufs plus importantes banques de Wall Street avait offert 33 milliards de dollars sous forme de bonus à leurs employés, alors que les autorités leur versait un chèque de 175 milliards de dollars.

La Chambre de Représentants a par ailleurs adopté vendredi 31 juillet un projet de loi destiné à limiter la rémunération des dirigeants des grandes entreprises renflouées par l'Etat. La mesure votée donne le droit aux actionnaires de se prononcer chaque année sur les avantages dont bénéficient les patrons et aux régulateurs du gouvernement de limiter certaines formes de compensations qu'ils jugeraient néfastes. Ce texte doit maintenant être examiné par le Sénat américain.

Les sandales se sont multipliés depuis le début de l'année, entre les bonus de Merrill Lynch et ceux d'AIG. L'annonce que la banque Goldman Sachs allait provisionner 11,4 milliards de dollars pour les rémunérations de ses salariés en 2009 a par ailleurs ému l'opinion publique américaine, alors que le chômage est désormais proche des 10%.

Faillites bancaires

Sheila bair a également évoqué lors de l'entretien le nombre grandissant de faillites bancaires, qui ont atteint un plus haut de 17 ans cette année avec 69 procédures. Les faillites bancaires continueront à un rythme rapide en 2010, avant de ralentir en 2011, selon elle. La FDIC va probablement imposer des frais de suavetage aux banques au quatrième trimestre, afin de renflouer les fonds de l'organisme. Ce prélèvement pourrait permettre de combler l'érosion des réserves de la FDIC, qui sont tombés à 13 milliards de dollars au premier trimestre, contre 17,3 milliards au quatrième trimestre 2008.