Nouveau mariage financier au Royaume-Uni

E24 avec AFP

— 

La recomposition du secteur financier britannique se poursuit. Les conseils d'administration de la banque mutualiste Co-operative Financial Services (CFS) et de la "building society" (caisse d'épargne mutualiste, ndlr) Britannia ont ainsi annoncé leur fusion. Le mariage de ces deux "building societies" permettra de "combiner les activités bancaires et l'expertise dans les assurances et l'investissement de CFS avec l'important réseau de Britannia, son accès à l'épargne et ses produits hypothécaires", précise un communiqué commun.

La nouvelle entité deviendra une filiale à 100% du groupe de services financiers The Co-operative, et sera dirigé par l'actuel directeur général de Britannia, Neville Richardson. Elle totalisera "70 milliards de livres d'actifs, neuf millions de sociétaires 12.000 clients et plus de 300 succursales". Le nouvel ensemble se hissera ainsi au deuxième rang des banques mutualistes britanniques, derrière Nationwide, la championne du secteur avec 187 milliards de livres d'actifs fin septembre dernier, et 15 millions de sociétaires.

Cette opération est une "opportunité historique pour concevoir une nouvelle manière de proposer des services financiers au Royaume-Uni", a expliqué Neville Richardson. La nouvelle organisation placera "véritablement les intérêts (des clients) au cœur de son fonctionnement", a de son côté estimé David Anderson, le directeur général de CFS.

Les "building societies" associent à l'origine des particuliers unissant leurs fonds pour construire leur maison, et qui sont toujours aujourd'hui spécialisées dans le crédit immobilier. Dans les années 1980, nombre d'entre elles ont voulu devenir des banques à part entière, et ont donc abandonné leur statut mutualiste et sont entrées en Bourse. Mais celles-ci ont toutes été depuis rachetées par d'autres banques plus importantes, ou, comme Northern Rock et Bradford & Bingley, ont dû être nationalisées (partiellement dans le cas de la seconde) après l'éclatement de la crise du crédit, pour les sauver de la faillite.

Il en reste actuellement quelques dizaines d'indépendantes et non cotées au Royaume-Uni, dont la plus grosse, Nationwide, a absorbé l'an dernier deux petites rivales (les mutuelles du Derbyshire et du Cheshire).