Les loyers baissent-ils dans votre ville?

Delphine Halgand

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Bonne nouvelle! Le réseau d'agences immobilières Century 21 a observé une baisse des loyers de relocation, c'est-à-dire sur les nouveaux contrats, de 2,41% sur l'année 2008 par rapport à 2007. "Je n'ai jamais vu ça. Une tendance baissière sur un an et demi, c'est tout à fait exceptionnel", s'exclame Sylvain Jutteau, directeur de la gestion immobilière chez Century 21. Le premier journal immobilier français De Particulier à particulier (PAP) a, pour sa part, observé un arrêt de la hausse depuis avril 2008.

"Cette stabilisation est normale", explique Jean-Michel Guérin, directeur général de PAP. "Elle accompagne la baisse des prix de vente et les bailleurs privés s'adaptent à la limite de solvabilité des locataires", explique-t-il. Sylvain Jutteau, de Century 21, ajoute une autre explication à cette baisse.

"Elle est accentuée par les nombreuses constructions des années 2000 à 2006 qui ont apaisé l'effet de pénurie. Avec 400.000 logements neufs construits par an pendant cette période, la France a retrouvé les volumes des Trente Glorieuses."

Le directeur général de PAP observe une baisse des loyers dans les villes moyennes où se sont construits beaucoup de logements neufs liés au dispositif Robien, comme Poitiers, Bergerac, Albi ou Montauban. "L'Ile-de-France résiste beaucoup mieux. Dans Paris intramuros, il n'y a pas encore de baisse. A la mi-2009, on observera un léger refroidissement", prévoit Sylvain Jutteau de Century 21.

(Source: De Particulier à Particulier, chiffres au 1er janvier 2009)

Pour Bruno Cornillon, président du GIE Orpi Gestion, "les logements anciens qui manquent de lumière, qui n'ont pas été rénovés ou qui n'ont ni balcon, ni terrasse, ni jardin risquent de baisser". Cependant il ne croit pas en un repli généralisé. Tout comme Henry Buzy-Cazaux, délégué général de la FNAIM (Fédération Nationale de l'immobilier). "Le fait incontestable que beaucoup d'acheteurs potentiels choisissent aujourd'hui de louer ne colle pas avec la théorie de la baisse", argumente-t-il.

La demande de location reste en effet forte. Le taux de logement vide est inférieur à 3% dans le parc locatif. "C'est ce qui empêchera l'effondrement des prix des loyers", explique Sylvain Jutteau. De son point de vue, la baisse des prix des loyers devrait se poursuivre pour atteindre 3% en 2009, avec une reprise probable en 2010. "La demande va rester dynamique et les premières conséquences du ralentissement (30% en 2009) de la construction de logement neuf en 2007-2008 vont alors apparaître, ce qui fera repartir les prix des loyers à la hausse."