Les loyers commencent à baisser

E24 avec AFP

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La progression des loyers des logements mis sur le marché a fortement ralenti en 2008, n'atteignant plus qu'une hausse de 1,5% sur l'ensemble de la France, et les premiers chiffres de 2009 font apparaître une tendance à la stabilisation, voire à la baisse, selon l'observatoire des loyers Clameur publié mardi 3 mars. Pour les premiers mois de 2009, la hausse en glissement annuel atteint 0,2%.

"On constate une poursuite du ralentissement de la progression des loyers, qui devrait conduire à une hausse d'un peu moins d'un point en 2009", a estimé Michel Mouillard, professeur d'économie à l'université de Paris X et auteur de l'étude. La hausse des loyers avait atteint 5,1% en 2004, 4,8% en 2005, 4,5% en 2006 et 2,0% en 2007. Le ralentissement de la hausse est donc continue depuis 3 ans. L'évolution des prix est cependant aujourd'hui très contrastée sur le territoire.

Début 2009, pour 43,8% des villes (soit deux fois plus qu'il y a un an),

les loyers baissent
. C'est le cas par exemple
à Paris
(-1,8%), Toulouse, (-1,0%), Poitiers (-2,1%), Lille (-0,3%), Bordeaux (-0,6%), Créteil (-7,4%) ou Besançon (-6,0%). Les loyers continuent en revanche d'augmenter à Lyon (+3,3%), Marseille (+3,7%), Nice (+4,1%), Limoges (+5,0%), Troyes (+6,2%), Rouen (+3,0%) ou Nantes (+1,2%). Dans la capitale, certains arrondissements enregistrent même de très fortes baisses comme dans le IIIe arrondissement (-14,4%), le Xe et le VIe (-6,2%), Les arrondissements de l'ouest parisien, comme le XVIe (+2,6%) et le XVe (+1,6%) restent, eux, en légère hausse.

Retrouvez des cartes détaillées dans la présentation de l'étude, ici.

Pour ce même début 2009, la situation est tout aussi diverse selon les régions. Alors que les régions Bourgogne (+4,7%), Provence Alpes Côte d'Azur (+3,3%), Poitou Charentes (+3,2%), Champagne Ardennes (+2,7%) sont toujours en hausse, des régions comme la Basse Normandie (-5,2%), la Franche Comté (-4,0%) et l'Auvergne (-3,0%) sont en baisse.

En 2008, le marché de la location s'est contracté, compte tenu de la baisse du taux de mobilité résidentielle nettement marquée depuis 2006. Cette baisse est liée au mauvais moral des ménages et aux incertitudes pesant sur le marché de l'emploi. "La demande est inquiète et reporte donc ses projets de mobilité", commente Michel Mouillard.