Le loyers baissent...enfin

Thibaud Vadjoux

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Bonne nouvelle pour les locataires: les loyers affichent leur première baisse depuis 10 ans. En moyenne, ils ont régressé de 0,8% depuis le début de l'année contre une hausse de 2,1% à la même période en 2008, selon une étude Clameur qui regroupe les professionnels du logement.

Les loyers des studios et appartements une pièce ont stagné (+0,1% contre une hausse de 3,5% en moyenne sur les 10 dernières années) mais ceux des appartements de 2 à 4 pièces, ont fortement reculé de -0,5% à -2,3%.

Depuis trois ans, le ralentissement de la hausse des loyers est perceptible. En 2004, les loyers marquaient encore une hausse moyenne de 5,1% sur l'année. Mais aujourd'hui, le marché s'est littéralement retourné. Les loyers ont même baissé dans les grandes agglomérations, plus d'une ville sur deux (50,4%) qui représentent trois quart du marché locatif.

Les grandes villes touchées

A l'exception de Lyon (+0,7%), Nice (+1,5%), Nantes (+1,8%) ou encore Lille (+1,1%), on observe un mouvement de baisse à Paris (-0,5%) -ce qui ne s'était pas vu depuis 15 ans- à Marseille (-2,2%), à Toulouse (-0.4%), à Strasbourg (-2,4%) ou encore à Bordeaux (-4,2%).

Pour l'ensemble de l'année 2009, Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université de Paris X-Nanterre et auteur de l'étude, prévoit un recul des loyers compris entre 1% et 1,5%. A ce mouvement de baisse s'accompagne une hausse des investissements d'entretien et d'amélioration du parc, de quoi redonner un peu le sourire aux locataires. En effet, le niveau des dépenses d'entretien est un assez bon indicateur du marché: les propriétaires-bailleurs ayant tendance à rénover les logements quand tout va très bien (disposant d'une bonne visibilité sur l'avenir) ou quand tout va mal (pour attirer les locataires), explique Michel Mouillart.

Une baisse qui devrait se poursuivre

Le marché locatif devrait donc continuer à se replier à l'avenir, entraîné par la dégradation générale de la conjoncture. "La baisse du pouvoir d'achat des ménages et la montée en puissance du chômage constituent des facteurs puissants de baisse du marché. Beaucoup plus que ne le sont les taux d'intérêts ou les conditions d'octroi du crédit pour ce type de marché. Il est clair que si les ingrédients de la récession sont toujours là en 2010, le marché n'aura pas fini de baisser", affirme Michel Mouillart.

Dans ce contexte, les délais moyens de remise en location se sont allongés et les candidats à la location ont des exigences dorénavant plus élevées. Les ménages préfèrent ainsi "différer" leurs projets de déménagement dès lors qu'ils en ont la possibilité. Le taux de mobilité résidentielle s'est contracté à 25,7% contre 28,7% en 2008, c'est encore son niveau le plus bas depuis 1998.