Le FMI relève ses prévisions de croissance de l'économie mondiale

T.V avec AFP

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Après juillet, pour la deuxième fois, le Fonds monétaire international (FMI) releve sa prévision de croissance mondiale pour 2010. Dans ses "Prévisions économiques mondiales" publiées en vue des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Istanbul, les économistes du Fonds tablent sur 3,1% de croissance en 2010, contre 2,5% estimé en juillet.

Les économies en développement connaîtraient ainsi en 2010 une croissance beaucoup plus forte (5,1%) que les pays développés (1,3%). Précisément, la Chine resterait championne du monde de la croissance avec 9%, devant l'Inde à 6,4%. La croissance aux Etats-Unis atteindra 1,5%, Japon 1,7% et la zone euro en queue de peloton verra son PIB croître seulement de 0,3%.

Chômage persistant

"L'économie mondiale connaît de nouveau l'expansion, et les conditions financières se sont nettement améliorées", relève le Fonds, évoquant une reprise "tirée par les performances solides des économies asiatiques et une stabilisation ou une reprise modeste ailleurs". Mais le FMI avertit que la reprise serait lente dans la plupart des régions du monde et que le chômage allait continuer à monter avec un pic à plus de 10% de la population active dans les économies développées.

"Etant donné la taille et la persistance des chocs récents pour l'économie mondiale, cela laisse craindre une reprise sans emploi", ont indiqué les auteurs du rapport. D'après les économistes du FMI, sont surtout concernés les pays où le marché du travail est le plus protégé, en Europe de l'ouest notamment.

Le Fonds liste parmi les limites de la reprise: "les systèmes financiers restent endommagés, le soutien du secteur public devra progressivement être retiré, et les ménages dans les économies qui ont subi un effondrement du prix des actifs continueront à reconstituer leur épargne".

L'une des autres victimes de la crise a été le commerce mondial, avec un volume d'échanges qui ne croîtrait que de 2,5% en 2010, après une chute de 11,9% en 2009.

Sortie de crise

Pour les gouvernements, la tâche est délicate, explique l'institution internationale. D'un côté, "un abandon prématuré des politiques monétaires et budgétaires expansionnistes est une source d'inquiétude particulière puisque le rebond amené par ces politiques pourrait être pris à tort pour le début d'une forte reprise".

Mais d'un autre côté, "les responsables politiques doivent commencer à préparer le retrait ordonné des niveaux extraordinaires d'intervention publique" mis en oeuvre pour parer à la crise.

Le FMI a régulièrement appelé depuis plusieurs mois les Etats à travailler sur ces "stratégies de sortie" qu'il souhaite coordonnées, après la mise en oeuvre de plans de soutien de la demande et du système financier d'une ampleur inédite.