480 milliards d'euros pour aider les banques allemandes

E24 avec AFP

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La Chancelière allemande, Angela Merkel, a présenté son plan anti-crise, presque simultanément avec la France. Dans la lignée de la déclaration de l'Eurogroupe, il comporte une garantie sur les prêts interbancaires de 400 milliards d'euros, pour relancer le marché du crédit. 80 milliards d'euros supplémentaires seront alloués à la recapitalisation des institutions financières en difficulté.

Le Dax, l'indice phare de la Bourse de Francfort, a cloturé en hausse de 11,4% à 5062.45 points.

L'ensemble va coûter dans l'immédiat 100 milliards d'euros à l'Etat, qui seront versés dans un fonds de "stabilisation des marchés financiers". Ce montant correspond à l'addition des 80 milliards d'euros destinés aux recapitalisations et d'une somme de 20 milliards, soit 5% du montant des garanties. En clair, l'Etat allemand s'attend donc à devoir effectivement payer 5% du total des garanties qu'il accorde.

Toujours dans la lignée des décisions de l'Eurogroupe, la garantie de 400 milliards d'euros sera valable jusqu'au 31 décembre 2009. Les banques y auront accès contre le paiement de "primes adaptées". La recapitalisation de banques en difficulté pourra s'exercer notamment via l'entrée de l'Etat au capital des banques, mais aussi par l'achat d'actions préférentielles (sans droit de vote attaché) ou de capital dit "hybride", à mi-chemin entre actions et obligations.

Le fonds de 100 milliards d'euros pourra aussi être utilisé pour racheter les actifs à risque de certaines banques, par exemple des crédits en souffrance "si cela est encore nécessaire après la modification prévue des règles comptables."

Le gouvernement allemand met en place certains gardes fous à son plan. Il prévoit que "la recapitalisation se fera sous des conditions qui garantissent une juste concurrence entre les instituts, préservent les intérêts du contribuable et en appellent à la responsabilité des propriétaires ainsi que de la direction". Le gouvernement allemand veut donc avoir un droit de regard tant sur la politique d'accord de crédit, que sur le système de rémunérations et de dividendes des banques qu'il sera éventuellement amené à sauver.

Les mesures s'appliquent aux banques allemandes mais aussi aux succursales en Allemagne de banques étrangères.

Par ailleurs Berlin, qui a déjà accordé une garantie illimitée exceptionnelle sur l'épargne des particuliers, entend "améliorer le système d'assurance des dépôts" dans le pays.

Après avoir longtemps rechigné à adopter un plan d'ensemble et privilégié une approche au cas par cas, la première puissance économique de la zone euro s'est donc décidée à frapper un grand coup pour tenter de ramener la confiance sur les marchés financiers.

Peu avant la France, l'Allemagne sera donc le premier pays de la zone euro à mettre en application le plan d'action adopté par l'Eurogroupe dimanche 12 octobre, à l'Elysée. Ce plan qui est "une boîte à outil à la disposition des Etats membres", selon l'expression de Jean-Claude Junker, le président de l'Eurogroupe, permet à l'Allemagne de fournir une réponse concrète aux banques allemandes en difficultés.