23 milliards d'euros pour relancer l'Allemagne

E24 avec AFP

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Un plan à 23 milliards d'euros. Le conseil des ministres allemand a adopté, mercredi 5 novembre, une série de mesures destinées à soutenir l'économie, durement touchée par la crise. Ce paquet de mesures ciblées et hétéroclites va peser pour quelque 23 milliards d'euros sur les finances publiques sur quatre ans, a annoncé le ministère des Finances.

Parmi les mesures: un changement pendant les deux ans à venir des règles comptables sur l'amortissement, pour stimuler l'achat de biens d'investissement; une exonération de la taxe sur les voitures neuves pour relancer le secteur automobile; l'élargissement des possibilités de déduction des factures d'artisan, ou encore un programme d'investissement public dans les infrastructures routières.

Très ciblées

La chancelière Angela Merkel avait déjà dévoilé un certain nombre de ces points mardi. Opposée à un programme de soutien à la conjoncture "classique", synonyme de lourdes dépenses publiques, ainsi qu'à une baisse d'impôts telle que la réclamait son ministre de l'Economie et une partie des milieux économiques, elle avait demandé à son gouvernement de plancher sur des mesures très ciblées destinées à soutenir certains secteurs.

Incitations

Le gouvernement a opté pour des incitations, qui doivent conduire les entreprises à investir et les ménages à consommer, sans que l'Etat n'ait à mettre trop profondément la main à la poche. La mesure la plus coûteuse pour les finances publiques sera le retour à un amortissement dégressif des biens d'investissement, qui se traduira par un manque à gagner fiscal de près de 13 milliards d'euros, mais est censé inciter les entreprises à s'équiper.

Symbolique

L'exonération pendant un an de la taxe sur les voitures neuves, mesure hautement symbolique que l'industrie automobile en pleine déconfiture appelait ardemment de ses voeux, va peser quant à elle pour près de 1,4 milliard d'euros.

Le principe d'un dispositif de soutien à la conjoncture était salué par beaucoup, mais le programme est souvent jugé impropre à relancer l'économie. Ce sont "des mesures ponctuelles sans concept global et sans force de frappe", déplorait ainsi la fédération des PME de droite MIT mercredi.