Les financiers allemands pas si pessimistes

E24 avec AFP

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Les milieux financiers allemands se sont déclarés moins pessimistes que prévu en novembre pour l'économie, en partie grâce à la baisse des taux de la Banque centrale européenne , mais n'en continuent pas moins à prédire une récession dans le pays. L'indice de l'institut ZEW, l'un des principaux baromètres de confiance qui mesure les attentes des milieux financiers pour l'économie allemande, est remonté en novembre de 9,5 points, à -53,5 points. Les économistes avaient misé en moyenne sur un indice à -58,5 points, selon l'agence Dow Jones Newswires, après -63 points en octobre. Un ZEW négatif signifie que les experts financiers s'attendent à une dégradation de la conjoncture allemande dans un délai de six mois.

"Difficilement être pires"

Le paquet de sauvetage du gouvernement allemand pour le secteur financier ainsi que le programme conjoncturel prévu ont quelque peu renforcé la confiance des experts financiers, explique l'institut dans un communiqué, de même que les baisses de taux d'intérêt au niveau mondial, propres à freiner le ralentissement de la conjoncture. Mais "la hausse (du ZEW) est probablement plus liée au sentiment que les choses peuvent difficilement être pires qu'à une éclaircie attendue dans les mois à venir" dans la situation économique, note Ralph Solveen, économiste à la Commerzbank.

D'abord, l'indice s'était effondré en octobre en raison de l'aggravation de la crise financière, ce qui explique en partie la correction à la hausse en novembre. Ensuite, l'évaluation par les experts de la situation actuelle de la première économie européenne a de nouveau chuté de 14,5 points, à -50,4 points. "Les attentes pessimistes des analystes financiers se voient confirmées par l'évolution actuelle et prévisible de la conjoncture", en conclut Wolfgang Franz, président de l'institut de Mannheim, cité dans le communiqué.

Récession

"Il n'y a aucun doute: l'économie allemande glisse dans une récession", juge Alexander Koch, économiste chez Unicredit. Jeudi, l'Office fédéral des statistiques (Destatis) doit publier sa première estimation du Produit intérieur brut au troisième trimestre qui devrait montrer un "deuxième repli consécutif, confirmant une récession technique", juge-t-il. Les perspectives de l'économie semblent par ailleurs s'être nettement assombries ces derniers temps, malgré les facteurs "stabilisants" que sont les baisses de taux directeurs passées et à venir et la chute des prix des matières premières.

Ainsi les entrées de commandes industrielles se sont effondrées en septembre, chutant de 8% sur un mois, soit le plus fort recul depuis la Réunification. Les commandes en provenance de l'étranger ont flanché, chutant de plus de 11%, ce qui est préoccupant pour le premier exportateur mondial. Plusieurs économistes commencent à revoir leur prévision pour l'an prochain et prédisent un recul du PIB en 2009. Le gouvernement mise sur une légère croissance de 0,2%.