Martin Hirsch s'attaque au chômage des jeunes

D.H. avec AFP

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Après avoir mis en place le RSA, Martin Hirsch s'attaque au problème d'autonomie des jeunes. Le Haut commissaire aux solidarités actives et à la jeunesse a lancé lundi 9 mars une concertation devant déboucher en juillet sur la présentation d'une politique globale de la jeunesse, qui devra répondre au vif malaise économique et social des 16-25 ans. Le Haut commissaire aux Solidarités actives, dont les prérogatives ont été élargies à la Jeunesse le 12 janvier par Nicolas Sarkozy pour mener une politique "plus cohérente" à l'égard des jeunes, a réuni une soixantaine de personnalités du monde syndical, universitaire, patronal, associatif et politique, pour identifier les réformes à conduire et publier un "Livre vert" en juin.

Ce travail doit "aboutir en juillet à la présentation des orientations du gouvernement", a-t-il précisé dans un document remis aux participants, les invitant à réfléchir aux difficultés accrues des jeunes à acquérir leur autonomie. L'autonomie, rappelle le document, se définit comme la possession d'un emploi stable, d'un logement indépendant, des revenus essentiellement tirés de l'activité, et un concubin.

Or, ce processus se fait selon des "enchaînements de plus en plus complexes", constate le document de cadrage de la réunion. Cette situation, notamment les difficultés criantes d'accès à l'emploi, avait été mise en lumière lors des manifestations contre le CPE en 2006. Elle prend de nouveau une dimension potentiellement explosive avec la crise, qui fait flamber le chômage des 16-25 ans, tandis que les militants des collectifs contre la cherté du logement "Jeudi noir" et contre les stages abusifs "Génération précaire" agitent la menace d'un "scénario à la grecque".

"Les jeunes étaient déjà en première ligne avant la crise (...) et là, ils sont carrément dans le viseur. Ils sont (...) celles et ceux qui ont moins d'intérim, moins de contrats, moins de ressources. Donc mon travail est extrêmement simple: c'est chambarder tout ça", a expliqué Martin Hirsch lundi matin sur France Inter. Il a assuré vouloir "prendre tous les risques pour réussir" et "faire en sorte qu'à la rentrée prochaine, on ne se retrouve pas avec des centaines de milliers de jeunes en plus laissés sans emploi, sans formation ou sans ressource".

Martin Hirsch a laissé entendre que le gouvernement pourrait mettre en place une prime pour aider les jeunes chômeurs dans leur recherche d'emploi, à l'instar de celle mise en place dans le cadre du Revenu de solidarité active (RSA). Il avait aussi évoqué une réforme des stages en entreprise pour éviter qu'ils ne remplacent des embauches. Autre piste évoquée ces derniers jours par le Haut commissaire à la Diversité, Yazid Sabeg: développer la formation en alternance. Fin 2008, 418.000 jeunes étaient en apprentissage et 170.000 en contrat de professionnalisation, "des chiffres trop modestes au regard des enjeux", selon Martin Hirsch.

Martin Hirsch proposera également "que ceux qui sont en formation professionnelle soient moins payés au lance-pierre, qu'on revalorise l'accès à la formation professionnelle", a-t-il déclaré ce matin sur France Inter. Il a souhaité aussi "qu'on (...) lance des programmes expérimentaux sur des territoires, pour (...) ne pas laisser un seul jeune sans emploi sans formation". L'Etat a mis "150 millions d'euros" sur ces programmes, a-t-il indiqué. Il a confirmé que l'UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) financerait "une partie des programmes expérimentaux". Martin Hirsch est aussi "en discussion" avec Total, pour voir si l'entreprise, peut "non pas faire de la charité, mais investir dans un certain nombre de programmes" pour les jeunes.