Le G8: lever de rideau

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A L'Aquila, ville martyr du centre de l'Italie dévastée par un séisme en avril qui accueille le G8, "tout est prêt". "Je suis totalement serein", a souligné le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi qui a pris la décision de transférer le G8 du lieu initialement prévu de la Maddalena en Sardaigne vers cette zone sismique où sont encore clairement visibles les dégâts du tremblement de terre qui avait fait 299 morts. Les participants seraient toutefois immédiatement évacués en cas de secousse sismique d'une magnitude supérieure à 4, a indiqué lundi la protection civile italienne. Vendredi, une secousse de 4,1 sur l'échelle de Richter avait été enregistrée, avec un épicentre situé à environ 1 km de la caserne militaire où se tient le sommet.

Au total plus de 15.000 policiers sont mobilisés à Rome et à L'Aquila pour assurer la sécurité du sommet. Une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus dont le président américain Barack Obama qui arrivera à L'Aquila mercredi à l'issue d'une visite en Russie où il a conclu un accord de désarmement nucléaire avec Dmitri Medvedev.

Iran, Chine, Crise, Climat

Sur l'Iran, sujet principal du dîner des chefs d'Etat mercredi soir, le G8 devrait réaffirmer la condamnation des violences exprimée récemment par leurs ministres des Affaires étrangères, selon un haut responsable diplomatique européen. La chancelière allemande Angela Merkel abordera la question des émeutes sanglantes dans la région chinoise du Xinjiang avec le président Hu Jintao en marge du G8, a indiqué mardi une source proche du gouvernement allemand.

Pour l'économie, les présidents français Nicolas Sarkozy et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ont affirmé mardi dans une tribune commune, qu'"au-delà de l'économie et du système financier", il faut à présent "accorder une attention prioritaire à la dimension sociale de la mondialisation" face à la crise.

Sur le climat, le G8 qui émet 40% des émissions de gaz à effet de serre, doit endosser collectivement l'objectif de limiter le réchauffement global à +2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, afin d'en éviter les pires impacts.

12 milliards d'aide alimentaire

Les dirigeants sont aussi appelés à confirmer leurs engagements d'aide aux plus pauvres, pour qu'ils ne soient pas les sacrifiés de la crise."Le temps des belles paroles et des demi-mesures est terminé", a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en réclamant de l'audace et de l'ambition.Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, avait fait état la semaine dernière d'un "geste" du président américain Barack Obama contre la faim dans le monde, qui représenterait une somme de quatre milliards de dollars, sur un total envisagé de plus de 12 milliards, selon des inforamtions du Financial Times.

Les leaders du G8 vont s'engager à inverser "la tendance à la diminution de l'aide au développement et à celle des financements nationaux de l'agriculture", affirme le quotidien qui s'est procuré un projet de déclaration sur cette annonce.