Les pirates du compte bancaire de Sarkozy risquent gros

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Le parquet de Nanterre a requis mardi des peines de prison allant de six mois avec sursis à 4 ans fermes à l'encontre de huit personnes qui avaient participé, à des degrés divers, à une escroquerie dont notamment Nicolas Sarkozy avait été victime . Les huit prévenus, dont trois comparaissent détenus, sont poursuivis pour "escroquerie en bande organisée". Ils sont accusés d'avoir utilisé les coordonnées bancaires d'abonnés à Canal+ et de faux papiers d'identité, pour ouvrir des lignes de téléphone en s'assurant la confiance des vendeurs, qui outrepassaient alors les règles. Les téléphones étaient ensuite revendus.

Le procureur, Marie-Aimée Gaspari, a requis une peine de quatre ans de prison ferme, peine plancher, à l'encontre du cerveau de l'affaire, Ama M'Bodji, 30 ans. Elle a requis 18 mois d'emprisonnement et le maintien en détention à l'encontre d'Abdoul Aziz Thiam, 31 ans, "le lieutenant", selon Mme Gaspari, et deux ans d'emprisonnement et le maintien en détention à l'encontre de Bocar M'Boh, 27 ans, "maillon déterminant".

18 mois de prison dont 12 avec sursis ont été requis à l'encontre de la concubine du "cerveau", Fatou Diouf, 30 ans, qui était absente lors du procès. La jeune femme avait déjà été interpellée en mai 2008 pour falsification. 12 mois de prison avec sursis ont été requis à l'encontre d'Assane Barry, 32 ans. 6 mois et 10 mois de prison avec sursis ont été requis à l'encontre de deux vendeurs d'une boutique SFR de Mantes-la-Jolie, qui avaient ouvert 9 et 24 lignes.

Quant à une employée d'une boutique Orange de Rouen (Seine-Maritime), 18 mois de prison dont 12 avec sursis ont été requis à son encontre. La procureur a estimé qu'il s'agissait d'un "maillon déterminant de ce trafic", cette vendeuse ayant ouvert 84 des 148 lignes ouvertes.

Revenant sur les nombreuses critiques émises à l'encontre de ce procès, pour lequel Nicolas Sarkozy s'était porté partie civile, et qui se tient après seulement neuf mois d'instruction, Marie-Aimée Gaspari a parlé de "critiques acerbes, infondées". "Nous ne savions pas à quelle forme de délinquance nous nous confrontions", a-t-elle encore souligné.Le jugement sera rendu mardi soir.