Rémunération des dirigeants: le Medef sans désir, ni pouvoir

Delphine Halgand

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La présidente du Medef déclarait jeudi 19 mars que son organisation n'avait ni les moyens, "ni même le désir d'imposer quelque chose" quant à la rémunération des salaires qui dépendent "de la relation contractuelle entre le mandataire social et son entreprise, via les décisions d'administration". Ce lundi matin, Laurence Parisot insistait dans les colonnes d'Aujourd'hui en France/Le Parisien en rappelant que le Medef "n'a pas le pouvoir d'imposer quoi que ce soit".

Sans désir, ni pouvoir, que peut-on donc faire le Medef? L'organisation patronale a malgré tout été chargée par le gouvernement de faire des propositions d'ici le 31 mars. "Ou bien vous prenez les mesures nécessaires pour qu'il n'y ait plus ces situations inacceptables, ou bien on légiférera", a averti jeudi 19 mars le Premier ministre François Fillon.

Le Mouvement des Entreprises de France (Medef) en tant qu'association de loi 1901 peut édicter des recommandations que ses adhérents peuvent suivre. C'est ce que l'organisation a fait à la fin 2008 en présentant son code de gouvernement d'entreprise des sociétés cotées. Ce code de bonne conduite, auquel adhère individuellement chaque entreprise, insiste sur une plus grande transparence des rémunérations des dirigeants.

Pour Philippe Houillon, député UMP chargé de réaliser un rapport sur ce sujet, le Medef pourrait commencer par préciser ce code. Mais le problème reste entier puisque l'on ne fait que soulever la question complexe de la juste valeur de la rémunération des dirigeants. Doit-elle reposer sur les résultats de l'entreprise, la moyenne des salaires des cadres, l'expérience du dirigeant...? Peut-on prendre le risque de voir les meilleurs partir à l'étranger pour de plus gros salaires?

Pour apporter une réponse hâtive, en cette période de crise et de contestation sociale, le gouvernement pourrait, par exemple, être amené à sur-taxer les plus values issues de stocks options. Réponse le 31 mars...