L'Europe rejette l'appel américain à de nouveaux plans de relance

J.S. avec AFP

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Un non poli, mais ferme. Les pays de la zone euro refusent de répondre à l'appel lancé par les Etats-Unis

et le FMI
en faveur de nouveaux plans de relance face à la récession, a annoncé lundi soir leur représentant, le ministre luxembourgeois des Finances Jean-Claude Juncker. "Nous sommes tombés d'accord (pour dire) que les récents appels américains exigeant un effort budgétaire (supplémentaire) ne nous conviennent pas, dans la mesure où nous ne sommes pas prêts à augmenter les paquets conjoncturels que nous avons (déjà) ficelés", a dit Jean-Claude Juncker devant la presse.

Il s'exprimait à l'issue de la réunion mensuelle du forum des ministres des Finances de la zone euro qu'il préside, l'Eurogroupe, à Bruxelles. "Nous ne voulons pas donner l'impression que nous serions en train de réfléchir à la mise en oeuvre de nouveaux paquets conjoncturels. Nous avons fait ce que nous devions faire", a ajouté jean-Claude Juncker. Un peu plus tôt, le ministre allemand des Finances avait tenu le même genre de discours: "Nous ne prévoyons pas de mesures supplémentaires, nous devons déjà mettre en place ce que nous avons décidé", avait notamment déclaré Peer Steinbrück, en rappelant notamment l'enveloppe de 50 milliards d'euros que vient de débloquer le gouvernement allemand. Les ministres européens réagissait à des propos tenus le même jour dans une interview par le conseiller économique de la Maison Blanche, Lawrence Summers, en vue du

sommet du G20
de Londres le 2 avril.

Ce dernier a exhorté les pays industrialisés à ne pas relâcher leur effort de relance car l'économie mondiale "a besoin de

plus de demande
" et d'"une action extraordinaire des pouvoirs publics". "Nulle part on ne doit commencer à réduire sa contribution à la demande mondiale (...) le G20 doit se concentrer sur la demande mondiale. Le monde a besoin de plus de demande", a dit Lawrence Summers. Pour stimuler leur économie et renforcer la demande intérieure, les Etats-Unis ont lancé en février un plan de relance doté de 787 milliards de dollars.

En comparaison, les pays de l'Union européenne ont engagé des mesures d'un montant total deux fois moins important, évalué à 400 milliards d'euros par la Commission européenne pour 2009 et 2010, soit 3,3% de leur Produit intérieur brut. Ce chiffre inclut des plans nationaux de relance des gouvernements, des investissements européens et l'augmentation automatique des dépenses sociales (allocations chômage par exemple) induite par la crise économique (les "stabilisateurs automatiques" dans le jargon des économistes).